31.07.2010
Coupe de merde

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30.07.2010
Les actions ne valent que par les intentions
« Le Commandeur des Croyants, 'Umar Ibn al-Khattab, a dit : « J'ai entendu l'Envoyé d'Allah dire :
« Les actions ne valent que par les intentions. Chacun sera rétribué selon ce qu'il a entendu faire : à celui qui accompli son émigration (hégire) pour Allah et son Envoyé, son émigration (lui sera comptée comme accomplie en vue) d'Allah et de son Envoyé ; et à celui qui a accompli son émigration pour obtenir quelque chose de ce monde ou pour épouser une femme, son émigration (lui sera comptée) selon ce qu'il recherchait. »
Rapporté par Bukhari et Muslim
Comme l'explique Ibn 'Arabi dans La profession de Foi, « l'intention (niyya) est la consécration sincère de l'action à Dieu, et c'est l'élan du coeur vers Dieu d'un homme comprenant et sachant ce qu'il fait. L'intention est l'esprit qui vivifie l'action selon sa parole : « Les actions ne valent que par les intentions...». »
A noter que le calendrier musulman a pris comme point de départ l'Hégire du Prophète, c'est à dire son émigration de la Mecque à Médine.
Aïn
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27.07.2010
De glaise et d'argile
Je remercie Paul Biehn, artiste ayant déjà participé sur Sirocco, pour cette nouvelle photo qu'il nous offre et que j'illustre d'un petit texte. ( Oui, c'est bien mon texte qui illustre la photo et non l'inverse ).
Mon petit doigt me dit que le bonhomme est en train construire un site qui nous donnera un aperçu de son travail. Je vous tiendrai au courant.

« Sachez que l'arbre de l'amour s'enracine dans les ténèbres, et parfois les pires qui soient »
La conférence des oiseaux, Farid-ud-Din' Attar
« Je n'ai pas à me plaindre.
Pour mon âge, j'ai déjà beaucoup vécu. Mais je n'ai pas à me plaindre.
Si je regarde bien, je trouve toujours pire que moi. Toujours.
Lorsqu'il me semble que rien ne va, lorsque je n'ai pas de solution : je pleure et je remets mon âme entre Ses Mains.
Facile à dire, difficile à appliquer ? Alors c'est que vous ne vous êtes jamais aventuré profondément dans les limbes d'une solitude non choisie, c'est que vous n'avez jamais été brûlé par le feu du désespoir.
Car croyez moi, lorsqu'il n'y a plus rien que la mort qui se propose, il reste Dieu, même si vous ne voulez pas Le voir.
N'insistez pas. Vous ne saurez rien de ce passé.
Ou à peine.
Je ne ferai pas dans le misérabilisme.
Voyez mon sourire. Est-il amer ?
Vous avez remarqué les marques de la vie sur mon visage. Je le sais. Je le vois dans vos yeux.
Ces traces, c'est parce que j'ai décidé de ne rien cacher.
J'ai rarement triché.
Depuis peu, je ne triche plus.
Je suis ce que je suis. Le bon comme le mauvais.
Je suis faite de glaise et d'argile, comme nous tous sur cette Terre. Mais j'ai délaissé le futile. Je poli continuellement mon coeur.
Je sais ce que je suis. Je sais où je vais.
Je ne me mens pas, ni ne me berce de douces illusions.
Je suis faite de ce bois.
Vous avez peur. Mais vous n'arrivez pas à être effrayé.
Mon apparence pourrait vous horrifier. Mais ce n'est pas le cas.
Vous me trouvez belle.
Je le sais.
Alors pourquoi serrez-vous les dents ? Pourquoi êtes-vous aussi pâle que la mort ?
Je le sens. Je le sais.
C'est parce que vous voyez en moi ce que vous n'osez être.
Votre peur vient du ventre. Des tripes.
Vous voyez la vérité alors que vous êtes mystification.
Vous êtes légion.
Observez mon regard, mon sourire, la couleur de ma peau.
Mon sang est aussi rouge, aussi âpre que le vôtre.
Mais je ne me farde pas la face, je ne fanfaronne pas.
J'ai cessé d'être fourbe alors que vous l'êtes sans même vous en rendre compte.
Maison, jardin, piscine, résidence secondaire, voiture, téléphone, vêtement, voyage, restaurant, soirées, ordinateur, cinema, musique, lecture, repas, repos, famille, enfants, travail, REUSSITE...
Et ensuite ?
Ensuite ?
Aucune réponse ?
Je suis faite de glaise et d'argile, comme vous. »
Aïn
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25.07.2010
Nedjma, identité poétique

Aïn
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22.07.2010
Videodrome
Il y a deux jours, mon père m'appelle alors que je suis dans la chambre, en train de surfer tranquillement sur le net. Son magnétoscope ne marche pas. Impossible d'insérer durablement une cassette video.

A peine entrée que celle-ci ressort. L'appareil me nargue. J'ose croire qu'il refuse cette cassette parce qu'elle est trop vieille. J'en essaie d'autres plus récentes. Même résultat. Je me prends la tête entre les mains. Je n'arrive pas à me concentrer entre mon père qui braille derrière, ma mère qui piaille et le son de la télévision branché sur une émission ridicule de la première chaîne française. Je demande du silence, un peu sèchement. J'ouvre le clapet du magnétoscope, scrute l'intérieur de la bête. Rien. Je referme le clapet. Prends une cassette. Cette fois-ci, je me ferai plus doux. Je me dis même que je vais faire une petite prière. Et miracle, ça marche. J'irai brûler un cierge à l'Eglise cathodique du coin. Ou mieux, je proposerai mes services à leur mission.

J'appuie sur le bouton lecture. Rien. Mais sur l'écran du lecteur, le mot SAFE apparaît. Il est sécurisé. Sécurisé contre quoi ? Je comprends que je ne peux pas utiliser les touches du magnétoscope et que l'engin ne m'obéira que par la télécommande. Effectivement, en passant par cette dernière, l'engin obtempère. Ca fonctionne. J'essaie d'autres cassettes, toujours avec la même bienveillance. Tout va bien. J'ai réparé le magnétoscope... Je crois. J'ai comme l'impression que ce n'est pas moi qui ai maîtrisé la machine mais plutôt elle qui s'est jouée de moi. Quel drôle de sentiment que l'impuissance !
You become the video word made flesh
Cet après-midi, sur mon ordinateur, j'ai regardé la moitié de Videodrome, film de David Cronenberg. J'aime les productions de ce réalisateur : La mouche, A history of violence, Les promesses de l'ombre, Dead Zone, Scanners, Spider, Crash et, à un moindre degré, eXistenZ. Son univers, les thèmes qu'il aborde, les symboles récurrents de son oeuvre m'intéressent particulièrement.

J'ai visionné la moitié seulement parce qu'il était l'heure de dîner. A table, mon père me relance sur le magnétoscope. A nouveau il ne fonctionne plus. Il « accepte » les cassettes, mais à la lecture, l'écran de télévision reste désespérément noir. Mon père à l'air désolé. Il avait enregistré un jeu pour ma mère. Je les rassure en leur disant qu'il doit s'agir cette fois-ci d'un problème de branchement. Sûrement une fiche mal connectée. Je me persuade de ça. D'ailleurs, je ne vois pas d'autres raisons... Ma mère hoche la tête. Elle annonce que les cassettes ressortent abîmées de l'engin, « les fils bouffés ». Je ne dis rien. Je ne sais pas quoi penser. Je ne comprends pas. J'ai même un peu peur. Après quelques secondes, mon père brise le silence :
- Je pense qu'il faut reprogrammer.
- Reprogrammer ?
- Oui.
- Mais, les bobines mangées, ça n'a rien à voir ni avec le branchement. Et puis, c'est comme un mot miracle ce que tu me sors là. Reprogrammer quoi ?
- Tout reprogrammer. Tu le feras ce week-end tranquillement.
Je n'ouvris plus la bouche du repas, sauf pour manger. Tout reprogrammer ?
Le dessert vite expédié, je retournai à Videodrome avec, encore une fois, la sensation que le hasard n'existe pas.
Depuis que j'ai vu Les dents de la mer enfant, j'ai toujours eu une appréhension en nageant en mer. Aujourd'hui encore. Pourquoi ? Où s'arrête le virtuel ? Où commence le réél ?
J'ai mal à la tête.
Salaud de Cronenberg.

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19.07.2010
Weer

Soundjata c’était levé tôt ce matin. Et comme à chaque réveil depuis l’été dernier, il ne pensait qu’à une chose. Rien ne l’empêchait de penser à ça, uniquement à ça. Et cette nouvelle journée, il la lui dédierait.
Dans la fraîcheur de la case, il salua sa mère avec qui il vivait seul depuis que son père les avait quitté, oublié, pour vivre dans le pays des blancs. Une fois dehors, près de l’entrée, il se nettoya le visage avec un peu d’eau contenue dans une jarre. Le soleil tapait fort déjà. La lumière rasante se réfléchissait sur le sol latéritique. La case voisine était celle du forgeron. Soundjata entendait l’oncle Youssou travailler le fer dans son atelier. Il s’avança pour le saluer. Oncle Youssou transpirait sous l’effet combiné de l’effort et de la chaleur du four. Yerim, son apprenti, l’assistait. Soundjata passait souvent chez son voisin dans l’espoir de voir sa fille, Weer. Mais il ne la croisait jamais ici. Il le savait pourtant, mais il ne pouvait s’empêcher d’errer dans les lieux où elle pouvait se rendre à tout hasard.
Il rentra chez lui. Sa mère lui servit du sow, du lait caillé dans lequel baignaient quelques brisures de riz. Abandonnés, ils ne manquaient de rien, pas même de ces mets pourtant destinés à une classe supérieur. Le kilo de brisure de riz coûtait cher, cependant, ils en avaient toujours un sac.
Soundjata s’efforçait de prendre des forces. Il voulait épater Weer en attrapant quelques tourterelles maillées, si délicieuses au goût puisqu’elles passent leur temps à se gaver de figues, et les offrir à sa famille. Une fois restauré, il prit son lance-pierre qu’il avait fabriqué un mois plutôt, et se mit en route vers la mangrove.
Pas de cours ce jour-là. Le maître était rentré à Dakar pour enterrer son père, et nul ne pouvait le remplacer. Sur le chemin, Soundjata s’arrêta devant une case et appela Aliou, son meilleur ami. Ce dernier pourtant plus vieux, plus grand, plus fort, admirait Soundjata pour sa témérité. Ils aimaient s’aventurer ensemble dans la généreuse et pourtant dangereuse mangrove. Aliou se présenta avec son propre lance-pierre, lui sourit :
- Salam aleikoum. Na nga def sama xarit ?
- Aleikoum salam. Suba saa ngi nii. Jam nga fanan ?
- Jamm rekk, Alxmdulillay. Li lan la ? (1)
Aliou saisit du bout des doigts le collier qui pendait au cou de Soundjata. Un talisman pour protéger des mauvais esprits que lui avait offert Weer. Cette question était feinte. Aliou savait très bien de quoi il s’agissait. Il partit d’un rire puis, d’un geste soudain, arracha le collier et s’élança en courant vers la sortie du village en criant : « Djerejef dof. Ba beneen. » (2)
Soundjata poursuivi son compère jusqu’à l’entrée de la mangrove qui n’était qu’à quelques minutes à pied du village. Faisant mine d’être mécontent, il récupéra son précieux trésor et tança son ami de tous les noms d’oiseaux qu’il connaissait. Mais les amusements devaient cessés. Pour aller plus en avant, il fallait être désormais attentif, la mangrove étant habitée par quelques bêtes redoutables et maléfiques. Même Aliou, malgré son tempérament hâbleur et farceur devint sérieux et s’en remit aux dieux. Avançant consciencieusement sur le sentier bordé de marécages qu’ils empruntaient la plupart du temps, les deux garçons étaient aux aguets des moindres bruits ou mouvements suspects. Se rapprochant près d’un palétuvier immense, ils se positionnèrent, accroupis, près d’une sorte d’anse protégée par la végétation, préparant leur lance-pierre et leurs munitions récoltées avec précaution la veille, alors qu’ils rentraient de l’école. Soundjata était confiant. C’était le bon coin. Tôt ou tard, quelques tourterelles assoiffées se poseraient pour boire, et ça serait à lui de jouer. Weer, la lune en wolof, ne quittait jamais ses pensées. Il voudrait tant que cette fille l’aime. Et malgré le collier qu’elle lui offrit en présent il y a peu, il doutait encore.
Soundjata et Aliou étaient patients. Mais le temps ne leur résistait pas. Pas même les volatiles qu’ils attrapaint à tour de rôle. L’amoureux était d’une motivation telle qu’à sa ceinture pendaient trois tourterelles. Ce butin était largement suffisant pour se présenter à la case de Weer et de ses parents. A la perspective de cette idée, Soundjata pressa son ami pour retourner au village. Sa bonne humeur faisait plaisir à voir. Aliou en profita pour lui faire des caaxaan (3) de mauvais goût.
Ils étaient observés depuis un bon moment mais ne le savaient pas. Yeew le python, jeune et fougueux, trop au goût de sa mère, mais il faut bien que jeunesse se fasse, s’était caché dans les racines du palétuvier. Plusieurs fois, Soundjata et Aliou avaient saisi leurs proies tout prêt de Yeew sans même l’apercevoir. Ce dernier ne se satisfaisait plus de ses petites prises. Il voulait quelque chose de plus conséquent, qui puisse lui offrir de quoi mesurer sa force sans prendre trop de risques. Et ces hommes, le plus petit en particulier, s’avéraient parfait et sans doute particulièrement à son goût. Ils les suivit de loin sur le sentier qui ramenaient les deux amis hors de la mangrove, ondulant silencieusement entre les branchages et les herbes folles.
Aliou sortit le premier de la forêt épaisse, suivit de près par son camarade. C’est toujours ainsi qu’ils marchaient. Jamais l’un à côté de l’autre. Après quelques pas, Aliou eut un sentiment étrange et se retourna. Il fut pétrifié par ce qu’il vit. Soundjata n’avait poussé aucun cri, plus préoccupé à se battre qu’à appeler à l’aide. Car il savait déjà que personne ne pourrait l’aider.
Aliou courut le plus vite qu’il pu en criant à gorge déployée : « ay ndimmal, ay ndimmal » (4). Arrivé au village, il expliqua ce qu’il se passait aux premiers adultes qu’il rencontrait et la nouvelle se répandit vite, jusqu’à la case de la mère de Soundjata. Les voilà tous partis, suivant Aliou qui reprit sa course pour rejoindre son ami. Certains avaient pris des couteaux, des fourches, des balais… Oncle Youssou emporta son vieux fusil.
Yeew était bien impatient. Il voulait à la fois saisir sa proie, l’étouffer, l’enserrer, comme tout bon python qui se respecte, et l’avaler en même temps. Mais il n’avait saisit qu’une partie du corps. Les bras de sa victime étaient agrippés à son cou, de sorte que Yeew ne pouvait le mordre. Soundjata serrait fort le serpent, tentant de l’étrangler. Yeew emprisonnait son buste. Surpris par la pugnacité du jeune homme, il redoubla de force. Soundjata sentant l’emprise se resserrer ajouta à son effort.
La quasi-totalité du village se retrouvait devant l’enfant et le serpent. Les femmes hurlèrent de terreur. La mère de Soundjata fut prise de vertige et l’on fit ce qu’on put pour la soutenir. Les hommes se sentaient impuissant devant ce funeste combat. On ne pouvait ni s’approcher, ni utiliser les armes. Youssou visait tant bien que mal la tête du python, mais il était impossible de tirer sous peine de blesser Soundjata. Ce dernier tournait et virait pour garder l’équilibre. Se retrouver par terre, c’était la fin assurée. Il entendait le silence des hommes et les sanglots des femmes. Le combat faisait rage. Le garçon mettait toute sa puissance et sa hargne dans ses bras. Yeew se lovait plus violemment. Il ne restait plus à Soundjata qu’à être endurant. Sur cette scène irréelle, le soleil s’apprêtait à rentrer dans sa tanière. Le ciel virait à l’orange et dans un coin, une demi-lune fit effrontément son apparition alors qu’il faisait encore jour. L’issue de l’affrontement était inévitable. Comment Soundjata, à peine douze ans, pourrait résister à ce monstre, jeune et bête certes, mais tout de même si instinctif lorsqu’il s’agit de tuer ? Les deux adversaires se faisaient face, se regardant les yeux dans les yeux. Serait-ce la pression ou le tournis, Soundjata sentait des picotements dans la tête et les yeux. Sa respiration se fit plus difficile. Le python appuyait contre son talisman, et les ornements d’os et de griffes lui rentraient dans la chair. La douleur lui raviva l’esprit. Il vit la lune, et se mit à chercher des yeux Weer. Elle était là. Il la vit. Lui fit un drôle de sourire, sembla chuchoter quelque chose. Regarda à nouveau le serpent. Et céda. Il était temps d’accepter la mort. Il desserra au fur et à mesure son étreinte jusqu’à lâcher complètement son agresseur.
Les hommes furent stupéfaits. Alors que Soundjata lâcha prise, Yeew glissa des mains de l’enfant. Sa tête tomba lourdement sur le sol, inerte. Après quelques secondes d’hésitations, Youssou se précipita pour libérer Soundjata de l’anneau mortel et désormais sans vie. On avertit la mère que Soundjata avait tué de ses mains le python et qu’il était vivant. Elle bondit vers son fils, le prit dans ses bras, le noya de larmes. Elle avait eu si peur de perdre le seul homme qui restait dans sa vie. Le seul en qui elle pu avoir confiance. Elle lui parla… il ne répondit pas. Quand elle comprit, elle leva les mains à son visage et hurla. De ses cris qui font même frissonner les esprits.
Soundjata, acceptant la mort, avait aussitôt perdu la raison. Plus d’espoir, plus de vie… Et pire que tout, plus de Weer.
Ce texte est dédié...
(1)
- La paix sur toi. Comment ça va mon ami ?
- Sur toi la paix. Ca va bien ce matin. Tu as passé une bonne nuit ?
- Bien, grâce à Dieu. C'est quoi ça ?
(2) Merci et à la prochaine le fou.
(3) Blagues.
(4) Au secours, au secours.
Aïn
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18.07.2010
Les Palestiniens, qui sont-ils ? Ils n’existent pas

« Qu’elle était naïve, décidément, cette idée selon laquelle, avec l’expansion des moyens de communication, il ne serait plus possible de commettre une exaction sans que l’opinion internationale, aussitôt alertée, réagisse par une protestation unanime... Alors que, pour compenser ce rétrécissement spectaculaire de la planète, il suffisait d’intensifier en proportion les efforts de propagande. Les bombardements israéliens sur Gaza en offrent la démonstration la plus achevée. Vous croyez voir une population prise au piège, privée de tout par un blocus inhumain, se faire massacrer par un Etat qui, soutenu par la première puissance mondiale et assuré, quels que soient ses forfaits, de ne jamais être inquiété, occupe illégalement des territoires et opprime un peuple depuis quarante ans, en violant sans cesse ses engagements ? Abracadabra ! Mais non : vous voyez un pauvre petit Etat merveilleusement démocratique se défendre contre les méchants islamistes qui veulent sa perte. Et le pauvre petit Etat est vraiment désolé de devoir au passage réduire en charpie quelques gamins - les seuls Palestiniens que l’on daigne considérer comme « innocents », ce sont les enfants ; et encore... - pour parvenir à atteindre les fourbes activistes méritant mille fois la mort qui se cachent lâchement parmi eux. »
La suite de ce texte clair et incisif (Construire l'ennemi) écrit par Mona Chollet à lire sur l'excellent site Périphéries...
Aïn
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