14.05.2009

Rouge-Dantec

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Dantec est un personnage polémique. Il laisse derrière chacun de ses passages à la télé ou à la radio une odeur de soufre.

Il faut dire qu'il a le don pour mettre le doigt là où ça fait mal, sans se soucier du quand dira-t'on : un esprit libre. C'est appréciable.

Malgré cela, je suis rarement en accord avec ce qu'il dit. Ses raidissements millénaristes me crispent. Ce mauvais augure inquisiteur qui cherche à nous faire peur avec ses prédictions apocalyptiques m'attriste.

 

Avant d'être le pamphlétaire énervé du American Black Box, troisième opus du Théâtre des Opérations, il est un écrivain de polar et cyberpunk français. Le plus réputé.

C'est ce Dantec qui m'interesse. L'auteur.

Et pour mieux juger de son oeuvre, rien de mieux, evidemment que de la lire.

J'ai donc commencé par son premier roman, La Sirène rouge. Livre que j'avais déjà eu le plaisir de découvrir. Un bon petit polar noir, très rythmé. On ne lâche pas les 150 premières pages, absorbé par le suspense. Malheureusement, lorsque l'action se déroule au Portugal, soit à un peu plus de la moitié du récit, le soufflé tombe un peu, et le récit se termine en queue de poisson dans un dénouement impossible à croire. Invraisemblable.

Sans résumer le roman, je ne crois pas avoir beaucoup plus à dire. Les lignes commises par Systar à propos de ce premier texte de Dantec m'ont beaucoup surprise par leur nombre. Bruno Gaultier, dans sa critique, plus paraphrase complaisante du roman que critique d'ailleurs, ne nous raconte que de banales évidences : le rapport au film Leon de Luc Besson qui saute bien sûr aux yeux, la Yougoslavie, l'anti-establishment avéré de l'auteur, les agents anti-viraux... Et rien de bien plus flagrant.

Ce qui confirme l'impression suivante :

La Sirène rouge reste un bon polar de série B, mais pas plus. L'auteur, lors d'une interview (j'avoue ne plus la retrouvée, mais je suis sûr de l'avoir lu quelque part), expliquait qu'il en avait bien conscience. Des personnages bien dans leur case : le bon hors-la-loi, la fille innocente et vierge, la flic, les méchants très méchants... rien d'exceptionnel. Sans compter ces irritantes faute de style qui piquent les yeux.

Dantec a beau essayer de bien faire, les phrases qu'il veut choc ne sont quelque fois que de gros et lourds flops. Qu'importe, le livre détend le lecteur, c'est déjà ça.

Il faut noter tout de même cette propension à sentir que le monde occidental - puisque le théâtre des opérations, pour reprendre l'expression favorite du polémiste, est l'Europe - est, malgré ses grands idéaux démocrates, une machine totalement nihiliste. Je me demande si, pour Dantec, le nazisme n'est pas juste une étape qui nous amène tout doucement vers l'inéluctable ?

Idée à creuser sans doute.

Aïn

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