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27.02.2007
Je mets les Bienveillantes de côté
Je n'arrive pas à me défaire des Bienveillantes. Ca en devient risible. Je me suis donc symboliquement arrêté à la fin des Allemandes I et II, première grande partie du roman. Il me reste encore quelques... 600 longues pages à lire. Encore une fois, je le répète, le prix Goncourt 2006 ne me déplaît pas, mais tellement d'ouvrages m'attendent comme autant de gourmandises qui ne cessent inéluctablement de m'attirer alors même que j'essaie de rester concentré sur mon régime bienveillant.
Il y a ce bouquin que j'ai lu aux toilettes, Bob Marley, le reggae et les rastas de Bruno Blum, aux éditions Hors collections. En amateur de ce genre musical, j'essaie de me procurer tous les ouvrages sur le sujet. Et celui-ci m'est tombé sur les mains alors qu'un soldeur passait par notre bibliothèque. Le livre, l'objet en lui-même, est agréable, illustré de photos inédites de chanteurs et d'anciennes jaquettes et vinyls exotiques. Quant au fond, ce documentaire n'a de prétention que d'initier à l'histoire du reggae et à la vie de Bob Marley. Ca m'a permit tout de même de réviser mes classiques, même si l'abondance des expressions triviales utilisées nuit lourdement à la lecture.

Quelque peu déçu par le livre de Bruno Blum, j'ai réservé mes heures de lecture préférées à Black Flag de Valério Evangelisti. Quel régal. L'auteur italien de science-fiction, professeur d'histoire contemporaine et d'histoire d'Amérique latine à Ferrare, imagine un monde futur corrompu par la machine, mais pas seulement. Il induit une symbolique tout autour du métal, objet de la déshumanisation, celle qui voit l'homme devenir peu à peu un lycanthrope. Trois récits, un du présent, un du passé et un autre du futur, sont cumulés dans Black Flag. Ils n'ont à priori rien à voir ensemble. Mais au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture, on se rend évidemment compte que les trois textes, les trois époques sont intimement liés par un même mal qui trouve sa source dans l'horrible guerre de sécession. On retrouve Pantera, le personnage principal de Black Flag, dans Métal Hurlant, le sixième opus de la série à succès Nicolas Eymerich. Je me suis donc mis à le lire.
Un autre ouvrage m'a interpellé. Celui de Pierre Bayard, édité chez Minuit : Comment parler des livres que l'on a pas lus ? Question éminemment importante lorsque l'on est bibliothécaire. Je ne peux evidemment pas tout lire. Déjà parce que je n'ai pas le temps. Songez que je reçois sur mon lieu de travail entre 100 et 150 livres neufs pas mois. Ensuite parce que tout ne me plaît pas. Par exemple, je ne lis jamais de livre dit du terroir, un des genres pourtant le plus apprécié par nos lecteurs. Comment donc conseillez ces derniers ? J'ai mes techniques, mais j'espère que la lecture de cet essai m'aidera à faire face à ce problème récurrent. A moins de ne pas le lire pour mieux y penser ?
J'ai rencontré il y a peu deux auteurs dont je n'ai lu, à ma grande honte - mais pourquoi en avoir honte d'ailleurs ? - aucun ouvrage. Le premier était Boris Boubacar Diop. Cela se passait à l'excellente Librairie de l'Horloge, à Carpentras, le 9 février dernier. Une cinquantaine de personnes étaient présentes pour écouter l'auteur sénégalais parler notamment de son expérience au Rwanda. L'hilarant Boniface Mongo-Mboussa, auteur de Desir d'Afrique, animait la rencontre. Le 23 février, André Bucher, auteur atypique, ermite de la vallée du Jabron, était aussi présent à la Librairie de l'Horloge pour faire notamment la promotion de son dernier roman Deneiger le ciel. Mais je ne vous parlerai pas plus de ces auteurs avant d'avoir lu leurs bouquins. Comme quoi, avec moi, Pierre Bayard a du travail.
Aïn
22:50 Publié dans lecture au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Litterature, Valerio Evangelisti, Black Flag, Musique, reggae, Boris Boubacar Diop, Pierre Bayard





Commentaires
Je suis à la page 436 des Bienveillantes, et c'est vrai qu'il me faut parfois poser le livre...mais je sais déjà un peu ce qui arrive à ses parents et sa soeur (je suis incorrigible, je sais, je lis toujours en sautant), toutefois je garderai la fin pour la fin. Ce bouquin, je n'ai jamais rien vu de la sorte jusqu'ici. Et puisque je ne savais rien de l'histoire, j'ai regardé deux films sur Stalingrad...incroyable. J'ai lu que Littell l'a écrit en 120 jours...je suis à sa lecture depuis cinq semaines ! ;-)
Mais bon.
Ecrit par : joye | 27.02.2007
Rien que tel qu'un bouquin sur le reggae - et plus encore du reggae en fond sonore - pour se détendre aux toilettes :p
Personnellement, c'est dans mon bain (entre autres) que je kiffe Bob.
Tu en lis des choses ... Tes soirées doivent être bien occupées, c'est mieux que de passer sa vie devant la télé ... ou au téléphone ;)
Un lycanthrope ??? Késako ??
J'espère aussi que l'essai sur la capacité à parler de l'inconnu va t'aider dans ton travail car ça ne doit pas être évident tous les jours.
Dans un autre registre, j'avais le même problème quand, serveuse en Irlande, on me demandait des conseils pour le choix du vin alors qu'à l'époque je n'en buvais pas une goutte. C'est une des raisons qui m'ont d'ailleurs décidée à m'y mettre, fallait que je sois digne de notre réputation. Si je te dis que je n'aimais pas non plus le fromage ni le champagne, j'étais un extra-terrestre pour les Irlandais.
Bref, là n'est pas le sujet, revenons à nos bouquins.
Les 2 auteurs africains que tu cites, surtout "l'hilarant", je vais m'y coller lors de ma prochaine visite à ma bibli municipale.
Ecrit par : Fiso | 28.02.2007
les Bienveillantes je fais un rejet irrationnel et donc irrémédiable, et pour les autres je devrais me faire élève de Pierre Bayard. Mais mon métier moi c'était les vide-ordures et les concierges, alors j'ai un retard infini. Comme je me laisse guider par mes seules impulsions, envies, et porte-monnaie...
Ecrit par : brigetoun | 28.02.2007
Sache Brigetoun, que moi aussi je suis guidé par mon impulsion, mais je suis plus que tenté à la bibliothèque.
Fiso, un lycanthrope est un loup-garou. La symbolique ici induite par Evangelisti rappelle le pessimiste Schopenhauer : "L'homme est un loup pour l'homme".
Joey, tu m'a appris que Littell a écrit son livre en 120 jours. Si c'est vraiment le cas, c'est incroyable. Je te souhaite bon courage pour les dernière pages.
Ecrit par : Aïn | 28.02.2007
Merci beaucoup, Aïn ! :-)
Ecrit par : joye | 01.03.2007
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