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14.05.2009

Fumisterie et apologie de la fumisterie

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Il est rare de voir pareille fumisterie. Comment peut-on se targuer d’être aussi sérieux que Pierre Bayard et écrire Comment parler des livres que l’on a pas lu ?

Dans le plus pur style universitaire, l’auteur de cet essai insiste au préalable, avec justesse, sur le poids de cette tyrannie culturelle qui nous oppresse lorsqu’il faut avouer que l’on a pas lu tel ou tel classique de la littérature. C’est bien le seul point sur lequel je suis d’accord avec lui. Le reste est risible.

C’est le cas de cette suffisance qu’il affiche lorsqu’il espère que son système de notation de livre " sera un jour adopté largement ".

Le plus inquiétant est que Pierre Bayard pousse justement à ne pas lire, considérant ainsi qu’il y a des œuvres célèbres dont la lecture n’est pas indispensable pour pouvoir en discuter, et, le pire du pire, pour pouvoir donner son avis, apprécier ou ne pas apprécier.

Ainsi donc, nous pouvons parler dans le vent, en appuyant ses argumentations sur du vide, quant à l’explication ou la critique d’un ouvrage. Si l’on suit la démonstration de Bayard, il ne sert donc à rien de lire A la recherche du temps perdu ou encore Don Quichotte de La Manche .

Paraît-il que ce professeur de Littérature française est un spécialiste de Shakespeare ? Et bien, il faut m’ôter d’un doute. Bayard a-t-il déjà lu une pièce du grand dramaturge anglais ?

Plus sérieusement, une fois évacuées les conventions académiques et mondaines, ce discours prétentieux révèle sa platitude auquel s’oppose le plaisir de lire, l’enrichissement personnel qui en découle et l’importance de parler d’un livre que l'on a lu.

Je plains sincèrement les étudiants de Pierre Bayard qui, s’il suit vraiment les fariboles qu’il propose dans son soigneux brouillon, doivent avoir du mal à s’élever.

Quand le ridicule ne tue pas.

 

Aïn

 

PS : Aux futurs créateurs de chef-d’œuvres de la littérature, ne vous fatiguez pas, personne ne vous lira.

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