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19.04.2007
1 - Enta Aref Leih ? : de Hurghada à Avignon, un vent de liberté.

Dire que j’ai laissé ma veste dans ce désert. Heureusement, j’avais bien pris soin de garder mes papiers dans mon sac à dos que je ne quittais jamais. Mais enfin, cette veste, elle va me manquer. C’était la première que j’en achetais une qui me plaisait vraiment. Je me sentais bien dedans. Et surtout, j’avais le sentiment d’avoir fait une bonne affaire, payée seulement trente euros, et d’une qualité telle, à mes yeux, que j’aurais déboursé sans hésiter quatre-vingt euros pour me l’offrir. Résultat, elle est restée, oubliée, dans un 4x4 qui nous ramenait alors à la civilisation. Et quelle civilisation !

Après deux jours de marche dans la quiétude du désert blanc égyptien, deux nuits à la belle étoile, des repas étonnamment succulents préparés par les bédouins, les cinq prières quotidiennes partagées avec ces derniers, ma préférée étant définitivement celle du lever du soleil, et sans parler de toutes les autres aventures du périple qui ont précédé cette marche, deux 4x4 nous enlève de ce lieu magique dès six heures du matin, après le petit déjeuner, pour nous emmener comme prévu dans la périphérie d'Hurghada, une horrible station balnéaire. De celles qui pullulent au bord de la méditerranée, avec jeunes palmiers plantés en rang d’oignons au bord des routes, et d’innombrables hôtels et bazars multicolores pour touristes. A part que là où nous étions, c’était au bord de la mer Rouge.

Après avoir salamalikoumé nos guides du désert, récupéré nos bagages, nous sommes allés prendre un bon café turc à la buvette de la plage privée où nous devions sagement patienter jusqu’à midi.
‘arba cahwa masboud, thalata khafif, ahad karkadi, and one coca, soit quatre cafés sucrés, trois sans sucres, un thé au carcade, and one coca. Le service était long, alors que nous étions seul dans cette buvette. Petit à petit, des couples de jeunes touristes blancs, des pays slaves sans doute, semblant tout juste sortir de leur sommeil, rejoignaient les affreux transats bleus en bois de cette plage privée. Toutes les femmes, les cheveux blonds cuivrés par l’effet du soleil et de la mer, les yeux bleus fatigués, la peau hâlée, maigre comme des clous, faisaient du sein nu, ce qui semblait, après le voyage que nous étions en train de terminer, terriblement choquant. Mais finalement, il n’y avait pas de quoi, puisque mis à part les quelques employés affublés de sorte de pyjamas bleus, toutes les personnes présentes étaient européennes. Plutôt que choquant, ça me semblait ridicule et risible. Un peu comme les hommes qui accompagnaient les jeunes filles russes, blancs comme des cachets d’aspirines, les yeux fatigués par une courte nuit apparemment, gênés par le soleil et la clarté du ciel bleu. Cela me semblait surréaliste. Etais-je encore en Egypte ?
En attendant ce maudit café qui tardait à arriver, Ruby, où plutôt Roubi, comme on l’appelle dans les pays arabo-musulmans, passait à la radio.
Ah ! Ruby. Elle me rappelle mes cousines en Algérie. Dans mon pays d’origine, tous les foyers ont des satellites. Pas pour regarder les chaînes françaises, comme nous le croyons, mais bien pour se brancher sur Al Jazeera Sports et s’enflammer sur des matchs de football de la liga espagnole. Ca, c’est pour les hommes. Les jeunes. Les plus vieux ne regardent absolument pas la télévision. Les femmes, elles, adorent regarder les séries égyptiennes, libanaises, et même mexicaines. Quant aux jeunes filles, dès qu’elles le peuvent, elles zappent sur les chaînes de clips musicaux non-stop où des chanteurs à la mode du Moyen-Orient, de l’Egypte à la Jordanie, font le délice des demoiselles algériennes. Enfin, quand je dis chanteurs, je devrais préciser chanteuses. Non, elles ne raffolent pas des beaux hidalgos crooners ou rebelles telles de petites midinettes, les chaînes l’ont bien compris puisqu’il n’y en a pas. Mais elles admirent avec délice les jeunes reines de la chanson arabe, toutes jeunes, belles, et sensuellement libres. Combien de fois ai-je surpris mes cousines à peine plus jeunes que moi, s’amuser à danser entre elles comme leurs favorites. Leurs préférées est justement, sans aucun doute, Ruby, égyptienne qui défraya la chronique dès son premier clip. Quelques autorités moralisatrices furent outrées de la voir marcher dans les rues d’une ville occidentale, en l’occurrence Prague, habillée en danseuse du ventre. Qu’importe, d’autres clips suivirent, et elle est désormais la nouvelle coqueluche des jeunes du monde arabe.

Face à ces
réactions négatives, exagérées, j’ai pris conscience
que nous vivons ici dans une société conservatrice.
Pour certains, ce que je faisais dans mes clips était «
haram » (interdit par la religion). Pas pour moi. On
oublie vite que la danse du ventre fait partie de nos
traditions et que la télévision montre en permanence
des vieux films avec des femmes habillées comme
moi dans ce clip. L’essentiel est d’être sincère. Je
crois profondément en ce que je fais. Je m’exprime
dans mes chansons et mes clips à la fois à travers
ma voix et à travers mon corps. C’est sans doute
liberté affichée avec conviction qui a dû choquer
Aïn
03:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Ruby, Egypte, Algérie, musique, Hurghada, Avignon, voyage






Commentaires
très joli - j'aime la sortie du désert vers les touristes
Ecrit par : brigetoun | 19.04.2007
slt c amina d'alger j 21ans rubi c l'adorable star from egypt i love you so much
Ecrit par : amina | 23.01.2008
Plaît-il ?
Ecrit par : Aïn | 23.01.2008
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