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19.07.2007
Cruelle coquetterie ou les artifices de la contrainte
L’excellente Journée du livre de Sablet fête ses vingt ans le 21 et 22 juillet. Comme chaque année de nombreux auteurs seront présents : Autin-Grenier, Beyala, Bessora, Edmonde Charles-Roux,Paule Constant, Jean Durin-Valois, René Fregni, Max Gallo, Franz Olivier Giesbert, Alain Mabanckou, Pierre Magnan, Daniel Picouly Gonzague Saint-Bris, Tito Topin, Gilles Del Pappas, Jean-Hugues Oppel, Maud Tabachnik… et encore beaucoup d’autres.
Le dimanche matin, à 11h30, mon cher Michel Biehn animera une conférence en compagnie de David le Breton, Nahal Tajadod (épouse de Jacques Lacarrière et auteur du récent Passeport à l’iranienne), et Malek Chebel. Le sujet : les femmes et leurs passions « la passion et ses interdits ».
Il y a deux ans, dans sa maison-magazin, Michel Biehn ouvre ses coffres précieux et décide de monter une exposition qu’un joli petit carnet accompagnera et dont le thème sera : Cruelle coquetterie ou les artifices de la contrainte. A l’heure du monokini et des robes estivales, ces artifices laissent parfois pantois. Les ornements tribaux des thaïlandaises pouvant atteindre jusqu’à 15 kg, les chaussons des fameuses chinoises aux pieds atrophiés, les enclos de toiles brodés mais aussi les corsets dans l’Europe du XIXème s…
Un an après, Cruelle coquetterie ou les artifices de la contrainte est publié chez La Martinière. Un bel objet de 160 pages, dans l’esprit de cette maison d’édition, spécialisé dans les beaux livres pour grand public, sans doute le meilleur en France dans ce domaine.
Il est vraiment agréable de lire Michel Biehn, adepte des phrases longues, chatoyantes et savoureuses. Une bonne partie de l’ouvrage fut pensé et travaillé alors que nous étions en felouque sur le Nil ou encore logeant au pied de la Vallée des Rois. Je suis certain qu’il fut inspiré par l’atmosphère voluptueuse de ces lieux magiques. Il y a de cette douceur dans son écriture.
Michel Biehn n’explique pas, il questionne dans un premier temps (Faut-il vraiment souffrir pour être beau / belle ?), il constate ensuite, et enfin il raconte. Il ne juge pas non plus. Il met en exergue avec talent les points communs entre différentes civilisations et cultures : marche entravée, taille étranglée, corps percés… Ainsi une double page magnifique nous offre un raccourci saisissant entre le cliché d’une femme-girafe et la photographie prise en 1902 de la duchesse de Marlborough portant un maxi collier de chien en perles fines.
Trois autres auteurs participent à l’ouvrage : Catherine Bensaïd, Jean-Yves Leloup et Catherine Tourre-Malen. Cette dernière, anthropologue, propose son point de vue trop rarement à mon goût, alors que Catherine Bensaïd, psychiatre et psychanalyste, est trop présente, enfonçant allégrement les portes ouvertes, ou remettant au goût du jour quelques clichés ayant cours dans sa profession. Quant aux textes de Jean-Yves Leloup, théologien, ils illuminent à mon sens bien plus clairement les propos de l’auteur principal, grâce à leur force poétique et spirituelle, donnant à méditer. Mais sans doute suis-je plus sensible à l’explication de l’Homme par le Sacré.
Aïn
09:30 Publié dans lecture au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Journée du Livre de Sablet, Michel biehn, Cruelle coquetterie ou les artifices de la contrainte, Livres





Commentaires
J'aurais bien aimé assister à la conférence de ton ami. Trop loin !
Tu sais donner envie de lire son livre.
Ecrit par : Fiso | 19.07.2007
Merci pour le compliment.
Il me semblait d'ailleurs t'avoir déjà parlé de ce bouquin, non ?
Ecrit par : Aïn | 19.07.2007
Exact, mon chou.
Ecrit par : Fiso | 19.07.2007
"Mon chou" ?....
Ecrit par : Aïn | 19.07.2007
Ben oui, quoi ?
Ecrit par : Fiso | 20.07.2007
Bah je suis pas ton chou. Non mais !
Ecrit par : Aïn | 20.07.2007
bonjour,
lecteur de fiso, je me plaît à découvrir sur ce blog, un livre qui témoigne de ces modifications physiques volontaires et (ou) contraintes. Elles touchent hommes et femmes, ce qui défie bien des civilisations. Pour environ 40€ (faut rester terre à terre), pourquoi ne pas s'ouvrir les sens sur les us de ces cultures.
Ecrit par : spamy | 25.07.2007
Merci de la visite Spamy.
"Pourquoi ne pas s'ouvrir les ses sur les us des ces cultures" : tout à fait d'accord.
Ecrit par : Aïn | 26.07.2007
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