14.05.2009
De la misère dans Neverwhere de Neil Gaiman

J'ai laissé passer la journée mondiale de la misère (17 octobre 2007), mais j'aurais pu en parler en l'illustrant du texte de Neil Gaiman : Neverwhere. A mon sens, ce roman relève plus de l'urban fantsy que Stardust.
Richard Mayhew vit d'un boulot tranquille dans la City de Londres. Aucune ambition, une existence routinière presque malgrè lui. Aucune combativité, un laisser-aller cynique. Sa future femme gère même son avenir professionnel sans qu'il est à s'en soucier. Pas de prise de risque à prendre. La seule fantaisie que Richard se permet, c'est un petit troll chevelu sur l'ordinateur de son bureau, là où il travaille.
Mais sa vie bascule une nuit, alors que sa fiancée l'emmène de force à une soirée privé qu'elle considère comme importante pour la carrière de son futur mari. Il suffira d'un acte volontaire, un seul, pour que la vie de Richard soit chamboulée. Dans une ruelle sombre de la capitale anglaise, Richard décide de venir en aide à une jeune fille étendue au sol, ensanglantée. En la ramenant chez lui pour la soigner, contre l'avis de sa fiancée, Richard bascule dans une autre réalité, le Londres d'en-Bas, cet univers qui a fait de la marge son territoire, dans les moindres recoins du Londres d'en-Haut : les égoûts, les galeries du métro, les conduites de canalisation et toutes ces ruelles qui débouchent sur nulle part, les lieux abandonnés... forment un monde dont personne ne soupçonne l'existence. Un envers où vivent hommes et femmes, mais aussi des rats considérés comme des seigneurs. Richard, lâche et couard, apprendra les lois de ce nouveau monde et saura très vite qu'il ne pourra retrouver le Londres d'en-Haut où il ne reste plus aucune trace de lui.
Ce conte moderne est une métaphore de la misère. Dès les premières pages du roman, l'auteur s'arrête sur les clochards et les marginalisés que les londoniens n'aperçoivent même pas. Il fera vivre à son anti-héros ce rejet fort dans le seul lieu commun au Londres d'en-Haut et d'en-Bas : le métro.
Neil Gaiman : La fantasy, à mon avis, ce n'est pas tant montrer aux gens d'autres mondes mais leur montrer le leur sous un autre angle, leur faire évaluer, lui donner un sens. Neverwhere traite du passage des illusions vers la réalité, mais aussi de la misère, de ce qu'on fait de son environnement, de la nature et du temps dans les grandes villes.
Aïn
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| Tags : neverwhere, neil gaiman, urban fantasy, littéraure, misère |
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