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10.05.2008

Morts-nés

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Je veux bien croire que les idées développées dans tel ou tel roman soient novatrices et dignes d’intérêt, cependant je ne puis désormais souffrir qu’un bouquin délaisse autant la forme. Après avoir repris la lecture de Babylon Babies là où je l’avais laissée, il m'aura fallu finalement capituler devant une écriture aussi laborieuse. Le style même rend bien terne l’originalité dont fait (peut-être) preuve Dantec, cette même originalité qui aura séduit tant de lecteurs. Tant pis. Il est tout de même bien triste qu’un auteur s’évertuant à s’inscrire dans la lignée logocratique des Bloy, Boutang, Abellio, Maistre et tutti quanti ne prennent pas la peine de soigner son style.

Puis il avait retenu un cri alors qu'un rameau de piqûres d'épingle s'était vicieusement concentré autour de son anus déclenchant un anneau de douleur-plaisir dur et concret comme une bague d'acier cerclant le tube chaud d'une grosse bite de footballeur.

Il ne s'agit pas, avec cet extrait, de montrer une photo d'un singe lorsqu'il grimace. Tout au long du roman, une redondance de métaphores, comparaisons et autres figures de style tapent souvent à côté, ce qui a tendance à alourdir considérablement le texte. On retrouve, et c’est typique chez Dantec dans ses trois premiers romans, quelques fulgurances stylistiques d’une incroyable beauté, il faut le dire pour être tout à fait sincère. Mais ces perles rares ne suffisent pas. BB est, à mes yeux, très moyens.
Je suis sévère ? Non, qui aime bien châtie bien. A trop vouloir étreindre, Dantec embrasse mal. Il gagnerait à dépouiller son écriture, ce qui lui permettrait de mieux insérer ses spéculations philosophiques dans la trame romanesque. Y est-il arrivé avec Villa Vortex ? Je verrais bien.

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