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19.06.2008

Sacoche

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Une sacoche mystérieuse serait le point de convergence, le trou noir, l’aporie, le MacGuffin d’un monde finement ciselé par Bahiyyih Nakhjavani, auteur iranienne d’expression anglaise. Un monde où la sensualité d’une jeune vierge zoroastrienne côtoierait l’animisme mystique d’un voleur solitaire, la raideur feinte d'un religieux inquisiteur, l’obséquiosité d’un eunuque indien, la dévotion nihiliste d’un mystique, un espion de sa majesté déguisé en derviche, la puanteur d’un mort enfermé dans son cercueil…

En tout, neuf destinées intenses dont nous rend compte l’auteur, chaque personnage vivant pour ce seul moment où cette sacoche se révelera en plein Hejjaz, près d'un sanctuaire dédié à la mère du Prophète Mohammed. Neuf vies totalement différentes, véritable mosaïque humaine, feront l'expérience du secret.

La sacoche de Bahiyyih Nakhjavani, épopée orientale aussi étrange et ubuesque que le Codex du Sinaï, vaut surtout par son écriture aussi poétique que le Palestine d'Hubert Haddad. La solide connaissance de l'auteur en matière de religion et sa capacité à donner de l'épaisseur à sa narration nous éloigne des mièvreries de Coelho.

Le procédé est simple donc : nous accompagnons, à chaque chapitre, l'histoire d'un personnage dont le cheminement s'incurve jusqu'à sa rencontre avec cette mystérieuse sacoche. En découle une prédestination mystique toute orientale. Les passages et les visions se répondent en écho, à chaque fois d'un point de vue différent. Le bruit provenant de ce kinétoscope symbolique viole le silence du désert, de la lecture, comme un sirocco.

Aïn

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