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28.08.2008
1 - Déclaration
Seu cabelo me alucina
Sua boca me devora
Sua voz me ilumina
Seu olhar me apavora
Me perdi no seu sorriso
Nem preciso me encontrar
Nao me mostro o paraiso
Que se eu for, nao vou voltar
Pois eu vou
10:05 Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : déclaration, seu jorge, mina do condominio, musique, bossa nova, amour
26.08.2008
La Présence

Ton image est dans mon oeil
Ton invocation sur mes lèvres
Ta demeure dans mon coeur
Où donc peux-tu être absent ?
Dîwân très apprécié dans le monde musulman, composé par Hallaj au IXème s., et régulièrement chanté dans les Hadras, rites extatiques pratiqués dans les cercles soufis, que l'on pourrait traduire en français comme la Présence Divine. Emmenés par le munshid (l'hymnode) et le Sheikh (Maître spirituel), les disciples s'élèvent jusqu'à l'anéantissemnt de leur être dans la Présence Divine, le Fana.
Aïn
10:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, hallaj, soufisme, hadra, religion
24.08.2008
Un peu de ton sang

Une couverture effrayante, un titre terrifiant, un quatrième de couverture alléchant et un inédit aguicheur apposé au livre, il ne m'en fallait pas plus pour me donner envie de lire Un peu de ton sang. Grâce à son investigation menée de main de maître, le bon Nebal averti le lecteur sur son blog pas si miteux que ça : Un peu de ton sang et la nouvelle qui suit, Je répare tout, ne sont absolument pas inédits. Le procédé n'est certes pas très honnête de la part de l’éditeur, mais j'ai aimé Sturgeon au travers des romans Les plus qu'humains, Cristal qui songe et je n'ai pas lu ces deux textes. Même si l'auteur a surtout publié de la science-fiction, Un peu de ton sang est un thriller psychologique, original peut-être en 1961, à sa parution, mais pas vraiment aujourd'hui. Néanmoins s'y retrouvent les thématiques chères à l'auteur, qui font la qualité de l'univers sturgeonien, à savoir cet attachement à l'humain, même dans ce qu'il a de plus monstrueux. L'originalité de ce texte réside surtout dans le format expérimental, renouvelant le genre épistolaire, le fond étant beaucoup plus banal : deux psychologues militaires tentent de cerner un certain Georges Smith, soldat au comportement étrange.
Il me faut tout de même vous avertir : la traduction d'Odette Ferry, puisque j'ai pu le vérifier dans la version originale, est très mauvaise. Emploi de faux-amis, concordance des temps biscornue comme dirait Nebal, rythmique complètement délaissée, ponctuation plus qu'aléatoire... bref, c'est pas très beau à voir.
Je répare tout est une nouvelle digne de La cinquième dimension, ce genre de feuilleton étrange que je me régalais à regarder étant enfant. Hélas, encore une fois, la traduction, de Véronique Dumont cette fois-ci, n’est pas à la hauteur. Tant pis.
Aïn
10:00 Publié dans lecture au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : un peu de ton sang, je répare tout, théodore sturgeon, littérature, thriller
22.08.2008
Gomorra

Roberto Saviano ne se déplace jamais sans ses gardes du corps depuis le 13 octobre 2006 depuis qu’il a osé s’attaquer à la Camorra napolitaine. C’est que l’homme a balancé des noms. Il met en lumière cette organisation criminelle dans Gomorra, paru en France en 2007. Le livre ne se présente pas sous la forme d’un exposé universitaire minutieux, aussi froid que clinique. Il s’agirait plutôt, toutes proportions gardées, d’une non-fiction novel à la Capote dans De sang froid, ce genre d’ouvrage à la limite entre le documentaire réaliste et le roman très prisé de notre époque. Qu’importe ces qualifications, ces classifications (et je vous assure que pour un bibliothécaire, c’est un sacré effort de ce débarrassé de ce genre de procédé), Gomorra est une fiction. Cependant, ce n’est pas tant du livre que je voudrais vous parler, mais du film réalisé par Matteo Garrone et sorti dans nos salles le 13 août 2008. A propos de ce long-métrage,aucun des 'critiques' n’a utilisé le terme à la mode, un peu fourre-tout, de docu-fiction. Et ce à juste titre, puisqu’il ne s’agit pas d’une enquête menée par un journaliste, caméra à la main. Non, rien de plus qu’un film normal : des scènes préparées, des acteurs payés… et une quête du vraisemblable.
Dans un rythme diablement lancinant, nous suivons les destins croisés de plusieurs personnages de ce Naples pauvre. Pasquale, tailleur, conduit une équipe de couturière au service de trafiquant de fausses robes de luxe. Il décidera de donner des cours du soir aux concurrents chinois histoire de mettre du parmesan dans ses spaghettis. Don Ciro passe de maison à maison suivant sa liste et distribue l’argent de la familia aux fidèles de la famille, aux retraités, aux veuves… Son mari en prison, Maria survie avec cet argent et un peu de commerce, élevant son jeune Toto irrépressiblement attiré par le milieu. Franco, toujours en costume de lin, accompagné de son apprenti, vend ses services aux grandes villes, recyclant les déchets toxique selon, soi-disant, les normes, papiers officiels à l’appui. Marco et Ciro, deux jeunes fans de Scarface attachants, se croient les rois du monde et défient candidement le milieu.
Pas de grandes familles, de parrains, de costard noir, de mines compassées. Mais des petites vies, courtes souvent. Le sentiment effrayant de n’avoir vu qu’une parenthèse de ce monde, un clin d’œil à peine. Des vies s’arrêtent, toujours interchangeables, mais le milieu prospère. Point n’ai besoin de rajouter des effets au sinistre. Pas de grandes fusillades, d’effets spéciaux, de musique violente, de clichés, de grand pathos dégoulinant. Et le sentiment que cette organisation criminelle, comme toutes les autres, n’est qu’un monstre crée par notre système basé sur
le profit. La Gomorrhe des temps modernes sera t'elle aussi chatiée par une pluie de feu ? Assurément, le Grand Prix du Festival de Cannes 2008 est mérité.
Aïn
09:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : gomorra, cinema, roberto saviano, camorra, matteo garrone
20.08.2008
Cruising, la chasse

La nuit fut perturbée. La journée tout autant. Les vacances commençaient bien !
Le tee-shirt collé à la peau à cause de la moiteur, je m’avançais péniblement vers mon café. La ville était bondée. Du monde, du monde, du monde… Alors que j’avais besoin de calme, de calme, de calme. Je refusais systématiquement les tracts que l’on me tendait. Ce jour là, du festival, je n'en avais rien à faire. J’avais besoin de me vider la tête, boire un Perrier glacé, et me légumer tranquillement à une terrasse.
Une table était libre : chouette ! Derrière mon café, le ciné. Je me retourne comme je peux sur ma chaise et regarde la programmation du jour. J’avais envie de me taper une séance. Le fait de me contorsionner me donnait la nausée. Il était 16h, et une demi-heure après débutaient quatre films. Des longs-métrages proposés, je n’en connaissais aucun. J’en choisissais un au hasard. Une fois dans la salle, bien calé sur mon fauteuil, j’étais prêt à me laisser porter par une fiction salvatrice. Les lumières s’éteignirent et, je ne le savais pas encore, l’enfer allait commencer. Je ressortirais une heure et demie plus tard, le ventre en vrac, complètement déboussolé par Cruising, la chasse, réalisé par William Friedkin en 1980.
Années 70. Un bateau croise sur l’Hudson River, à New York. Un marin, clope à la bouche, rêve en regardant l’horizon. Il aperçoit assez vite quelque chose d’étrange flottant à la surface de l’eau, et à mon plus grand dégoût, ce fut un bras mutilé, horrible.
Un thriller. Je ne m’y attendais pas du tout.
La séquence suivante est tout aussi peu ragoûtante. Un flic, genre Dirty Harry, se prend le bec avec un médecin légiste dans un laboratoire infect. Pour le docteur, il est évident que les blessures de l’organe retrouvé correspondent tout à fait aux violences commises sur d’autres corps. Pour lui, pas de doute, il s’agit de crimes en série. L’inspecteur le renvoie irrespectueusement à son métier de toubib. Des bras, mes mains, des troncs, des jambes, on en retrouve chaque jour à NY. Et une enquête, ça se nourrit de faits concrets. Merde quoi, on est pas dans New York Unité Spéciale. Je m’emporte là.
La séquence d’après est cette fois radicalement malsaine. Deux policiers véreux patrouillent de nuit dans les quartiers chauds de la Big Apple, bien à l’abri dans leur voiture. Le conducteur râle parce que sa femme l’a quitté et que ça va pas se passer comme ça. Ils se rappellent le bon vieux temps, quand dans ces quartiers mal famés ils jouaient enfant au base ball. Ca sent le No country for old men de McCarthy. Les policiers halpaguent deux jeunes hommes vêtus en femme faisant le tapin, les embarquent contre leur gré et les obligent à leur faire une fellation dans un hangar interlope. La pellicule d'époque, comme javellisée, rajoute à l'ambiance fétide.
Le pire reste à venir. Le voilà le tueur en série, filmé de biais. On ne voit jamais son visage. Veste et pantalon en cuir, ceinture et gros bracelet clouté. Il marche d’un pas à la fois sûr et aérien dans les rues désertes et s’introduit dans une boîte gay SM. C’est plein d’hommes évidemment, crânes rasés, barbes et moustaches austro-hongroises, casquettes gay fetish vissé sur le crâne, torses nus. Ca s’embrasse violemment dans les coins sombres, à plusieurs. Certains entrent en action, d’autres matent. L’assassin (enfin, pas sûr que ce soit lui finalement) se cale au bar, observe, attend sa proie. Celle-ci s’approche. Ils se plaisent et se rendent dans un hôtel de passe. Dans l’obscurité de la chambre, on devine les baisers fougueux, les corps enlacés. Au milieu de la nuit, la proie se réveille alors que le chasseur prépare le matos. Il lui attache jambes et bras façon bondage. La proie n’est pas rassurée, et elle a bien raison. L’assassin envoie plusieurs coups de couteaux terribles sur le dos de la victime. Celle-ci crie et résiste. On a le sentiment de tout voir et de ne rien voir.
Le chef de la police n’est pas tranquille. Son supérieur lui met la pression en vue de prochaines élections pour retrouver ce serial killer qui nargue les forces de l’ordre. Le Capitaine Edelson, alias Paul Sorvino, convoque Steve Burns, un petit flic qui passe son temps à faire des rondes et mettre des PV, et l’envoie en mission dans le milieu underground du SM gay à la recherche du meurtrier. Steve Burns (et j’ai mis du temps à me rendre compte que c’était Al Pacino qui tenait ce rôle), possédant les mêmes caractéristique physiques que les victimes, ne doit rien révéler de ce job à personne, pas même à sa petite amie Nancy Gates (la très très belle Karen Allen). C’est qu’il y a une jolie promotion à la clé : passer de flicaillon à inspecteur de police respecté d’un coup, d’un seul. Et pour cet homme intègre en début de carrière, ça sent bon l'avancée sociale.
L’horreur des crimes laissent place à la descente en enfer de ce jeune policier qui d’un jour à l’autre change de vie, s’installe à Greenwich village, le Marais new-yorkais, déjeune tous les matins avec son voisin homosexuel, adopte les codes vestimentaires du milieu, se maquille les sourcils et pénètrent dans les grottes terribles des boîtes SM gay. Personne à qui parler si ce n’est à son chef qui ne veut rien entendre de ses soucis grandissants. C’est que ça l’entame comme le dit Steve Burns. Et on peut le comprendre. Ses seuls moments de réconfort, il les retrouve dans les bras de sa fiancée qu’il rejoint quelques soirs, l’air hagard, se shootant au moins une nuit à la normalité, histoire de tenir le coup. Les crimes mêmes passent quasiment au second plan. Pourquoi l’assassin tue-t’il ? Une histoire avec un ancien professeur de fac ? Un rapport difficile avec son père ? Pas vraiment. L'intrigue importe peu, l’accent étant mis sur la relation de l’homme à la sexualité, la mort, la bestialité, la marge. A l’initial, le film devait duré 2h20, William Friedkin (French connection, L’exorciste…) ayant inséré des passages pornographiques a décidé de s’autocensurer histoire de contenter ses producteurs et de ne pas voir Cruising classé X. Il paraîtrait même que Friedkin et Al Pacino ne s’entendaient absolument pas, l’acteur reniant Cruising et le réalisateur considérant Al comme une grosse erreur de casting.Pourtant ce film est un petit bijou qui fût loin de connaître, à sa sortie, une grande gloire et qui resta même dans les annales comme un echec commercial.
Aïn
11:16 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cruising - la chasse, cinéma, al pacino, william friedkin




