31.08.2009

Neptune

EclipLuneF37N6.jpg

If only I could see you

This dream wouldn’t be so very hard

Because there’s you in everything known

 

 

Désormais, rien ne sert de lutter contre le sommeil. Les paupières deviennent plus lourdes. Et résister devient difficile. La nuit fut magnifiquement blanche, sans doute l’une des plus belles, des plus intenses, des plus fiévreuses de ma vie.

Le jour pointait déjà depuis longtemps derrière le rideau. Elle me tourna le dos, se roula en boule. Je me blottis contre elle, épousant la forme de son corps et glissant une de mes mains contre son ventre. Emu, le vertige me gagna un instant.

 

*          *          *          *

 

J’ouvris les yeux presque brutalement, inquiet d’avoir trop dormi. Le sentiment d’avoir perdu trop de temps. J’avais soif. Je me levais et m’approchait du frigidaire. Sur le bord de l’évier, un pot de miel attira mon attention. J’y plongeais un doigt et me régalais de cette gourmandise sucrée et douce. Une fois, deux fois, trois fois… sans jamais être écoeuré. J’en avais partout sur les lèvres, le long du menton, sur le torse…

Abasourdi, j’arrêtai mes enfantillages : derrière le rideau, plus de lumière. Il faisait nuit noire. Une journée était passée. Faisant ce constat décevant, je me mis à me sentir mal, manquant d’air, et ce n’était pas seulement du à la chaleur lourde qui régnait dans l’appartement. J’avais laissé filer tout un jour à juste dormir à côté d’elle, sans voir ses yeux. Il me fallait sortir.

Doucement, j’ouvris la porte et me dégageait de la chambre.

 

*          *          *          *

 

Un air frais gifla agréablement mon visage. Je me sentais déjà mieux. Devant moi s’étendait l’immensité de la nuit au-dessus d’une forêt profonde. Je tremblais devant ce spectacle majestueux. La lune, intense de lumière blanche, prenait toute sa place dans le ciel. Elle brillait terriblement à vrai dire, et illuminait tout le paysage avec force. Devant la beauté de l’astre, encore une fois, je tressaillis.

Je fis quelques pas en avant. Mes pieds s’enfonçaient dans la mousse épaisse et humide. Aucune bête ne se fit entendre. Pas un bruit. Un silence qui n’était en rien inquiétant. La vie animale même respectait la magie du moment, comme l’humble émotion des croyants entrant dans un Temple Antique lors d’un jour de fête.

En marchant, je ne pouvais détourner mes yeux de la lune, de peur de la perdre… Je portais mon doigt encore dégoulinant de miel à la bouche. Je m’amusais à le mordiller tendrement. Une vague de plaisir me submergea. A chaque foulée, une odeur douce et entêtante s’élevait du sol, comme une étonnante fraîcheur éternelle. Je me mis à sourire, ayant le sentiment de devenir délicieusement fou. Un courant d’air chaud, comme un vent brûlant du désert, embrassa mon oreille. Je fermais les yeux. C’était Tanit, ou plutôt Salammbô, sa prêtresse, qui m’ensorcelait. Une racine écorcha mon pied, mais je ne ressentis aucune douleur. Il me fallait ouvrir les yeux si je ne voulais pas me blesser à nouveau. Ce que je fis.

La lune, la lune, Ma Lune…

Ma vue se troubla et je la vis, princesse parmi les princesses, sultane de mes nuits : son visage si finement dessiné, ses lèvres charnues, son nez de pharaonne, la peau de ses joues satinées, le regard aussi noir et profond qu’une douce nuit d’été, sa longue chevelure fleurie de mille et  une constellations… Ma Lune me souriait… Et je décidais de m’offrir à elle. Je désirais être sciemment son holocauste ; qu’elle me sacrifie, me possède entièrement, qu’elle me brûle d’un feu rédempteur.

Il est dit que Neptune est invisible à l’œil nu. A ce Dieu des océans tumultueux, je décidais de confier le secret de ma passion si douloureuse, afin qu’il l’emporte avec lui, loin des yeux des hommes. C’était les dernières paroles de mon âme condamnée et emprisonnée.

Ma Lune me caressait de ses cheveux. J’étais prêt à lui laisser ma vie. Déjà mon pied droit saignait abondamment.

 

*          *          *          *

 

J’ouvris les yeux délicatement. La première chose que je vis fut son doux visage. La première chose que je sentis fut son odeur et son parfum. La première chose que je touchai fut ses cheveux. Elle était aussi belle que le bonheur d’une vie entière.

Après avoir embrassé tendrement ses yeux et sa peau sucrée, j’offrais à son oreille endormie les secrets confiés à Neptune, qu’elle les emporte loin des yeux des hommes.

podcast

Aïn

 

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.lesirocco.net/trackback/1829744

Commentaires

Bon, t'es où Matsimoto ?

Ecrit par : Mooooo | 31.08.2009

Matsimoto penses à la femme de sa vie, à sa lune, sans cesse. Elle lui manque tellement....
Il est 3h du matin et Matsimoto ne trouves pas le sommeil.
J'en profite pour faire une déclaration officielle (oui, il y a les textes mais là, je ressens comme une urgence...)
MA LUNE, JE T'AIME, et je suis capable de tout et de n'importe quoi pour toi. Tu pourras toujours compter sur moi, TOUJOURS. Je ne veux pas que tu me rendes mon âme, elle est à toi... De toutes façons, je ne te lâcherais plus, désolé.
T'avais pas qu'à être "aussi belle que le bonheur d'une vie entière"....
Tu es ma raison de vivre aujourd'hui, ma joie de vivre, mon inspiration, mon aspiration (et pas de mauvais jeux de mots), ma Princesse des mille et nuits, et pour toi, comme dit le poète, je volerai, je mendierai, je tuerai s'il le faut.
Gardes moi près de toi. Je t'aime ma chouchinette.

Ecrit par : Aïn | 01.09.2009

Bah puuuuuuutain !
Je crois que je vais pleurer là ! A-t-on jamais vu une hot fouuuuuuuuun's pleurer. Ca y est, je pleure.
Faites iech les gars :)

Et n'oubliez pas, c'est MOI, MOI et MOI l'organisatrice !!! J'y tiens, nom de Dieu !

Ecrit par : Max M. | 01.09.2009

wahooooooooooooo, ça déclare, ça déclare !!!!

bravo et félicitations...
que la suite soit aussi riche et épanouissante que les moments présents...

Ecrit par : 'Mell | 02.09.2009

Écrire un commentaire