14.05.2009
Surréalisme au tadzikis
![photo_1229172167828-1-0[1].jpg](http://www.lesirocco.net/media/02/00/1868408615.jpg)
Manifestation pacifiste cet après-midi. Si je lis les journaux français sur internet, aucun heurts entre la police et les lycéens qui s'étaient massés en ville en souvenir d'Alexis.
Et pourtant. Je me suis retrouvé au milieu de ces jeunes de quatorze ou quinze ans pour la majorité. La marche est solennelle, encadrée par un service d'ordre municipal. D'un coup, d'un seul : mouvement de foule. Arsenios me pousse à courir. Et nous voilà, comme un banc de poisson effrayés par un requin, à partir tous dans le même sens. Tout cela à l'air surréaliste. Je me mets à rire. Arsenios me voyant ainsi rit de même.
Une bouteille par terre, de la fumée. Je commence à tousser, à pleurer, et je ris, mais je ris... Une bombe lacrymogène. Tout cela n'a aucun sens pour moi. Arsenios hilare, me pousse, un foulard devant la bouche. Il avait tout prévu le malin.
On s'échappe de la foule.
On sprinte, vite...
Je suis mon compère qui commence à emprunter des ruelles et à me perdre dans le vieux centre. Je ne peux vraiment pas compter sur mon sens de l'orientation. Une fois à l'abri, nous nous arrêtons, nous nos regardons, et à nouveau explosion de rire.
- Mais qu'est ce que tu es venu faire dans ce bordel ?
- Je sais pas, mais pour fêter ça, je t'invite à manger ce soir.
J'ai une soudaine envie de choquer Arsenios.
Trois heures plus tard, costumés et cravatés, nous nous retrouvons dans un restaurant fancy du Pirée, avec le serveur qui tourne autour de la table, les violons et les filles en robe de soirée... Quelle est la réaction de mon ami professeur gaucho ? Il est juste tout sourire, profite du moment et dévisage les jolies brunes qui lui font de l'oeil.
- J'ai une surprise pour toi mon cher français...
- Ah ?
- Oui. Demain, grâce à moi, tu pénètreras dans le saint des saints.
- ???
- Dans les locaux de l'université de polytechnique. Mais avant tout, nous allons faire un tour de reconnaissance ce soir. Tu le sais que je connais tout le monde ici !
Je n'en croyais pas mes oreilles. Moi qui voulait provoquer son idéal révolutionnaire en l'amenant se goinfrer dans un restaurant pour grand bourgeois, c'est lui qui me surprend...
Il est deux heures quinze, heure locale. Avec Arsenios, nous partons vers Exarchia rejoindre un regroupement d'étudiants réunis toujours en souvenir d'Alexis. Juste le temps de parler quelques minutes au téléphone avec une personne de l'autre côté de la méditérranée...
Aïn
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| Tags : athèhes, émeutes |
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