14.05.2009
Ultra-gauche

Journée calme aujourd'hui. Je veux dire sans violences, sans cocktails molotov, sans gaz lacrymogènes, sans affrontements... Mais du monde dans la rue. Beaucoup de monde. Des lycéens, étudiants, épiciers, caissières, agriculteurs, boulangers, électriciens... Des gens de droite, de gauche, des ultra-chrétiens, des athées...
L'intérêt de ce mouvement grec réside dans le fait qu'il est, me semble-t'il, naturel, spontané. Aucun parti politique, aucun syndicat n'a réussi à vraiment récupérer ces manifestations.
Les seuls qui y trouvent leur compte, finalement, se sont les anarchistes, les révolutionnaires illuminés, habillés de noir et arborant drapeaux rouges.
Hier, nous avons bien fait de littéralement nous goinfrer dans un restaurant classe de la périphérie athénienne. Parce que pendant ce temps, ça chauffait dans le centre. Sortant à trois heures du matin pour déambuler dans les ruelles, nous n'avons pu que constater les dégats dus aux échauffourées. Voitures brûlées, poubelles renversées, banques attaquées... Rien que de très habituel ces derniers temps, surtout vu de la télé, mais toujours aussi surprenant lorsque l'on fait face à la réalité, lorsque l'on vit cette chose.
Arrivant à l'université polytechnique, Arsenios continue à me présenter à certains étudiants. Certains m'ont reconnu. Il fit passer le message comme quoi nous voudrions entrer demain (donc ce soir) dans les locaux. Les questions fusent. Ils essaient de voir si je ne suis pas un de ces jeunes flics en civil qui tentent de s'incruster dans le centre névralgique de la "lutte armée anarchiste", comme ils surnomment pompeusement leur faculté. J'ai passé le test avec succés.
Ca se fera ce soir...
De retour vers la rue Amerikis, nous nous faisons contrôler par des policiers. Même s'ils s'étonnent de voir un français traîner aussi tard dans les rues, Arsenios joue de son bagou pour détourner l'attention. Moi qui prenait le parti de toujours avoir ma carte d'identité sur moi, ces messieurs me l' ont confisqué et je dois aller les récupérer dès demain au poste de police.
Qu'importe. J'ai toujours mon passeport à l'abri dans ma valise.
Je vois bien que ces anarchistes tiennent leur moment de gloire. Ce qui arrive n'est que du pain béni pour eux. Cette ultra-gauche, comme on l'appelle désormais, est le bras armé autoproclamé des civils. Mélange des genres garanti : drapeau du Che, keffieh palestinien, petit livre écrit par Trotsky dans la poche...
Alors que les grecs ont tenu aujourd'hui à se démarquer du jeu du chat et de la souris entre police et émeutiers,les anarchistes romantiques vont-ils prendre du plomb dans l'aile ?
Aïn
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| Tags : athèhes, émeutes, anarchistes |
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