24.07.2009
Songe d'une nuit d'été

Hyppolyta
Four days will quickly steep themselves in night;
Four nights will quickly dream away the time;
And then the moon, like to a silver bow
New-bent in heaven, shall behold the night
Of our solemnities. (1)
A Midsummer night's dream by William Shakespeare (act I, sc. I)
Les journées sont longues et chaudes. Le soir, le sommeil me vient difficilement. J'ai beau lire, trouver des occupations, écrire et repousser le moment où je me déciderai à rejoindre mon lit, ma douleur reste intacte. Légère et infime, juste un pincement au coeur, une inaptitude à respirer correctement, le souffle toujours trop court à mon gré.
Tu me manques.
Une ou deux heures du matin, je tourne en rond sous le léger drap blanc qui m'enveloppe. Je suis fatigué, mais le sommeil profond, la paix, le repos du guerrier me fuit. Le combat engagé contre mon oreiller est âpre. Epuisé, enfin, je m'abandonne à l'inéluctable : rêver de toi, rejouer la musique de nos moments passés ensemble.
Je passe en revue la playlist de nos souvenirs. Je censure tant bien que mal les épisodes tragiques, ceux qui m'empêcheront définitivement de me reposer. Ces derniers temps, avec plaisir, je me rappelle d'une de nos premières nuit passée ensemble. Peut-être la deuxième ou la troisième. Une nuit douce et sucrée comme le miel. Nous nous étions embrassés sans nous arrêter, tout simplement, plus fougueusement, puis ensuite à nouveau tendrement, essayant de contenir le désir qui brûlait nos ventres chauds. Nous échangions des voeux d'amour pudiques, dignes d'enfants de quatorze ans. Je baisais tes yeux que tu m'avais offert ad vitam eternam, et qui devenaient mes yeux. J'embrassais ton front, tes joues, ton cou, tes épaules et je revenais à tes yeux afin d'éviter ce qui m'effrayait au plus haut point : profaner le temple sacré.
Il fallait que survienne le moment de dormir, comme une délivrance pour ne pas sombrer dans des étreintes par trop charnelles. Il était sans doute très tard. Tu posais ta tête contre mon épaule, te blottissant contre moi, et je me tournais de trois-quart épousant ton corps pour t'offrir la présence de mon âme. Je caressais tes beaux cheveux longs, et toi, ma Princesse des Mille et une nuits, tu fermais mes yeux et tu soupirais de plaisir. C'était l'époque où je ne voulais pas m'endormir avant de te sentir partir dans mes bras de Morphée. Tu t'abandonnais au sommeil et je continuais mes caresses, observant ton beau visage. Enfin, je sombrais. Mais pas complètement. A demi-inconscient, je te susurrais mentalement ce que je n'osais t'avouer éveillé. Je te transmettais mon amour et je sentais le tien.
La nuit passe, et nous ouvrons les yeux au monde en même temps. Au monde ? Tu étais... Tu es toujours mon unique horizon. Et j'ai bien peur que tu le restes à jamais. Nous n'avions pas changé de place d'un iota tant nous étions heureux ainsi. Cependant, aucune douleur, aucune fourmi ne nous démangeait les jambes ou les hanches à être rester ainsi immobile une paire d'heures. Nous avions trouvé la position idéale. Plus tard, tu m'avouais toi-même avoir vécue cette nuit comme un doux prolongement de nos étreintes tardives, évoquant un flot d'amour inoubliable, continu et intense, bien avant d'avoir goûté au fruit défendu.
Voilà ce à quoi je rêve avant de m'endormir avec le sourire, ces nuits d'été. Même si cette illusion provoquée comble à peine la sensation de manque éprouvée.
Que mes lecteurs veuillent bien excuser l'apparente puérilité de ce texte, son romantisme adolescent dérisoire. Mais de l'esprit enfantin qui se dégage, notez seulement l'innocence, la candeur de mon affection.
Oui, je l'aime comme un enfant. Oui, je la désire comme un homme, sans cesse, chaque minute qui passe.
Je vous en prie, ne m'en tenez pas rigueur. Elle est si belle et si douce que j'ai succombé.
1) extrait de la pièce écrite par William Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été, et traduite en français par Victor Hugo.
Hyppolyte
Quatre jours se seront bien vite plongés dans les nuits ;
Quatre nuits auront bien vite épuisé le temps en rêve ;
Et alors la lune, telle qu’un arc d’argent
Qui vient d’être tendu dans les cieux, éclairera la nuit
De nos noces solennelles.
Aïn
23:47 | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : amour, declaration, musiq soulchild, so beautiful, shakespeare, le songe d'une nuit d'été |
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook






Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.lesirocco.net/trackback/2298407
Commentaires
:)
Écrit par : SRP | 25.07.2009
Répondre à ce commentaireJe suis allé faire un tour sur votre blog. C'est très intéressant...
Dès que je peux, je viens vous lire un peu plus.
Écrit par : Aïn | 25.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : LeM | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aïn | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cédric | 26.07.2009
Répondre à ce commentaireCe qui n'est pas le cas ici. Juste une déclaration sincère !
Néanmoins, fiction ou réalité, cette déclaration ?
Écrit par : Aïn | 27.07.2009
Répondre à ce commentaireIl est rare de trouver la personne avec qui ce petit jeu n'est plus nécessaire. Quand vous l'avez trouvé, soyez sur que c'est la bonne ;-)
C.
Écrit par : Cédric | 27.07.2009
Répondre à ce commentaireBref.
Vous avez totalement raison concernant le diptyque consommation-consummation auquel la relation de couple est soumise dans notre société moderne. Malheureusement.
Cependant, mon propos ne se situe pas là. Ce texte n'est vraiment qu'une simple déclaration, voire une confession, ne cherchant pas à séduire. Un état des lieux en somme.
Je sais bien que pour la garder cette personne, va falloir trimer dur :)
Écrit par : Aïn | 27.07.2009
Répondre à ce commentaireJe vous assure que nous ne sommes pas toutes comme ça, on n'a pas forcément besoin du bling bling et le blabla pour être comblée...
Rester vous-même, avec une certaine humilité saucée avec du respect, tendresse et attentionné. Si elle vous aime comme vous êtes, dans la simplicité, vous êtes tombée sur la bonne !
Pas besoin de trimer dur, Aïn, je ne m'inquiète pas pour toi :-)))
Écrit par : Leïla | 28.07.2009
Répondre à ce commentaireSinon, sur l'idée des femmes vénales et des femmes simples, ta conception est pour le moins... idéaliste me semble-t'il. C'est comme si je te parlais du mythe du prince charmant pour les filles !
A mon avis, c'est plus difficile que ce que tu ne dis, même dans des situations simples. Ce qui fait peur à l'homme d'aujourd'hui, c'est que la femme a plus de pouvoir désormais et que le jeu de la séduction diffère de ce qu'il était auparavant. Ni plus ni moins, il ne s'agit pas d'une critique de la femme.
Écrit par : Aïn | 30.07.2009
Répondre à ce commentairesans plus de commentaires, je ne dirais qu'une chose...j'ai l'impression de revivre les quelques jours d'été qui viennent de s'achever !!!!
Écrit par : 'Mell | 03.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lune | 04.08.2009
Répondre à ce commentairemais Lui et Moi ne sommes plus réunis.......enfin, pour l'instant :)
Écrit par : 'Mell | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireMais si les gens se comprennent alors tant mieux.
'Mell,
j'espère que tu revivras encore de longues nuits d'été avec ton amoureux...
Lune,
l'été n'est pas encore fini, nous ne sommes que début août. Et la nuit dernière, pour x raisons que je ne révèlerai pas ici (la personne concernée comprendra :)), je n'ai pu trouver le sommeil (un sommeil étrange et, aussi bizarre que cela puisse paraître, doux tout de même) qu'à 3h00 du matin.
Écrit par : Aïn | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireJe suis loin de comprendre tout ce que tu dis (Aïn aussi je crois) d'où ma question "ironique" sur la fin de l'été…Hélas, ta réponse est encore plus ambigüe, mais qu’importe tant que tu t'égayes (ou pas) curieusement sur ce blog :)
Aïn,
J’espère que tu trouveras le sommeil cette nuit...je sais comment le rentre plus doux qu’étrange mais mes recettes sont secrètes alors ne me demande pas de t’en dire plus ;)
Écrit par : Lune | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireC'est quoi ces recettes ? Si tu ne veux pas me les donner, confie-les au moins à la fameuse personne concernée :):):)
Et arrêtes de faire pipi sur mon blog !!!!!!!! (Private joke)
Houhouhouhouhou ! :D
Écrit par : Aïn | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireOK je confie les recettes à qui tu sais... Quoique je ne peux pas confier UNE recette à une autre !!!
Et j'arrête de faire pipi sur ton blog Aïn....
euuuuuh...quand j'en aurais envie :D nyahahahahahaha
Écrit par : Lune | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireTires juste la chasse en sortant :D
Écrit par : Aïn | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lune | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireChef adoré ! Oui, chef adoré !
Ô Geyser de lumière,
Ô Montagne de flamboyance,
Ô Miracle de la nature,
Ô Algérien (d'origine) puissant et magnanime,
Ô Humble Saint parmi les saints...
Écrit par : Aïn | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Lune | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireÔ Etincelant soleil des possibilités,
Ô Couronne éternelle des reines et des rois de ce monde,
Ô intelligence supérieure à la moyenne,
Ô Lapin et agile et efficace,
Ô Chouchi impérial...
Écrit par : Aïn | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireJe fais plutôt pipi de rire là :D huhuhuhuh
Écrit par : Lune | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireApprends ça par cœur pour la prochaine fois petite.
Écrit par : Aïn | 04.08.2009
Répondre à ce commentaireLune, il y a rien à comprendre ...tout est dit ds le texte !!!!
et Merci Aïn, je l'espère aussi !!!
Écrit par : 'Mell | 05.08.2009
Répondre à ce commentaireHey, Lune, je crois que t'as compris que 'Mell a vécu ce genre de nuit avec son amoureux il y a peu lors de ces derniers jours, et sans doute même que "son" été s'est arrêté parce qu'elle a été séparé de son amoureux, non ?
Écrit par : Aïn | 05.08.2009
Répondre à ce commentairej'ai même droit à un interprète dis donc ;)
Écrit par : 'Mell | 05.08.2009
Répondre à ce commentaireSinon 'Mell, rassures-toi, je suis peut-être curieuse et indiscrète mais pas bête ! Mieux que de comprendre ce qui est "dit ds le texte", je le vis !!! et j’espère que tu (re)vivras tes nuits d’été comme tu voudras.
Écrit par : Lune | 05.08.2009
Répondre à ce commentaireEt oui aussi, les private joke, on va se les garder pour soi avant que ça déborde vraiment (ce qui est entièrement de ma faute, puisque c'est moi qui est lancé le délire, huhuhuhu !).
Lune, dis-moi, tu as de chance de vivre ces nuits d'été en ce moment. Je t'envie. L'heureux élu sait son bonheur j'espère ?
A moi d'être indiscret (et à l'inverse de toi, je suis à la fois indiscret et bête :D) : je croyais que t'étais avec ton frangin en ce moment ? (Tu m'expliqueras par mail la Lune, je veux tous les détails croustillants !!!)
Écrit par : Aïn | 05.08.2009
Répondre à ce commentairevous pouvez vous lâcher sans problèmes...
eh bien voila, Lune, encore mieux qu'une explication, tu le vis pleinement !! mais il t'en faut du temps pour comprendre :)
Écrit par : 'Mell | 05.08.2009
Répondre à ce commentaire'Mell, bien que le texte dise tout, j'espérais retrouver une autre subtilité dans ton commentaire (les arabes sont subtiles généralement non ? :D)
Écrit par : Lune | 07.08.2009
Répondre à ce commentaireEt la suite ? Tu n'as pas bien appris ta leçon. J'ai encore du boulot avant de te dresser !!!
Écrit par : Aïn | 10.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aïn | 13.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : MHunter | 16.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire