24.10.2009

Zulu, de Caryl Férey

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Zulu Warriros Pozing, Zululand: On promise of a drink of pouza

et

Zulu Warriros Get Their Drink . De A Trip to South Africa, Photographies prisent par Benjamin Agnew, 1898

 

— Tu as peur, petit homme ?... Dis : tu as peur ?
Ali ne répondait pas — trop de vipères dans la bouche.
— Tu vois ce qui arrive, petit Zoulou ? Tu vois ?!
Non, il ne voyait rien. Ils l’avaient saisi par la racine des cheveux et tiré devant l’arbre du jardin pour le forcer à regarder. Ali, buté, rentrait la tête dans les épaules. Les mots du géant cagoulé lui mordaient la nuque. Il ne voulait pas relever les yeux. Ni crier. Le bruit des torches crépitait à ses oreilles. L’homme serra son scalp dans sa main calleuse :
— Tu vois, petit Zoulou ?
Le corps se balançait, chiffe molle, à la branche du jacaranda. Le torse luisait faiblement sous la lune, mais Ali ne reconnaissait pas le visage : cet homme pendu par les pieds, ce sourire sanglant au-dessus de lui, ce n’était pas celui de son père. Non, ce n’était pas lui.
Pas tout à fait.
Plus vraiment (…)

 

C'est ainsi que commence Zulu, roman noir magistral, mené tambour battant par Caryl Férey.

 

Nous sommes à quelques encablures de la coupe du monde de football 2010 et le gouvernement s'essaie à gommer les problématiques toujours persistantes de la première démocratie africaine. Ali Neuman, noir, est chef de police criminelle à Cape Town, ville vitrine de l'Afrique du Sud post-apartheid. Il a connu le mal, les ténèbres qui habitent l'homme. Alors qu'il n'était qu'un enfant, il a vu son père et son frère mourir de façon infâme, assassiné par d'autres noirs. Epkeen, descendant de boers à la dent dure contre les noirs, homme à la vie incertaine, et Fletcher, gentil flic qui n'aurait jamais du exercer ce métier, sont ses acolytes.

Une jeune femme blanche de la haute bourgeoisie est retrouvée morte dans un jardin public, le crâne défoncé, de multiples lacérations tout au long du corps, jambes écartées, disloquées. Ce meurtre, les suivants, l'enquête, ne sont qu'un prétexte pour dépeindre un pays dont le présent est encore fortement marqué par le passé. La révolution n'a pas eu lieu : township, sida, drogues, gangs et mafias nigeriennes, capitalisme absolu, ethnies, corruption...

Outre cet amoncellement de généralité pourtant incontestable, c'est cette capacité qu'à l'auteur à inscrire la réalité, les faits historiques et géopolitiques, sans que cela ne nuise nullement à la narration. Nous sommes loin des difficultés qu'éprouvent Evangelisti ou encore Dantec, dont la lecture de Babylon Babies m'aura dégoûté.

Avec adresse, Férey évite le manichéisme facile qui consisterait à dire que les noirs sont bons et les blancs mauvais. D'une part, grâce à la complexité des trois personnages principaux, ni vraiment bons, ni vraiment mauvais. D'autres part, grâce à ces indices historiques dont je parlais, et qui n'enfoncent pas le clou sur les blancs colonialistes. Ainsi, les lecteurs seront sans doute surpris de lire qu'un groupe politique de noirs sud-africain, l'Inkhata, s'en est pris violemment à l'ANC, le parti historique de Nelson Mandela. Compléxité et nuances ancrent parfaitement le roman dans sa quête de vraisemblance.

Enfin, l'autre qualité de Zulu, c'est le souffle qui habite ce polar. Ce roman se lit plaisamment, avec gravité cependant. Il est des passages de quatre ou cinq pages que j'ai du lire en retenant ma respiration.

Caryl Férey à travaillé pour le Guide du Routard. Peut-être Zulu est-il le numéro Afrique du Sud 2009 ?

Aïn

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Commentaires

Lu, sur les recommandations de ma mère.
Et avec beaucoup de plaisir.
Je me retrouve tout à fait dans ce que tu écris. C'est fou cette histoire entre l'inkhata et l'anc, j'aurais jamais imaginé.

Bon, on le boit quand ce coup, mon cher et charmant rajah ?

Écrit par : Sandr | 24.10.2009

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En plus, j'ai retrouvé un tas de photos, hihiiihihihi !

Écrit par : Sandr | 24.10.2009

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Héhooooo ! Crois pas que je vais abandonner comme ça...
ON VA LE BOIRE CE POT ? :D

Écrit par : Sandr | 27.10.2009

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Non non non, mon poussin :)
Tu ne me lâcheras pas si facilement !!!Moi, j'ai très envie de te voir pour qu'on parle du passé et de nos années facs et savoiur ce que tu deviens et tout et tout...
Alors fais moi signe et vite

Écrit par : Sandr | 03.11.2009

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Mais oui Sandr, j'ai bien noté ton num sur un des mails que tu m'as envoyé. Je t'appelle aujourd'hui et on discutera de Zulu entre autre.

Écrit par : Aïn | 06.11.2009

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Ouaiiiiiiiiiiis !
T'as intérêt p'tit maharadjah.

Écrit par : Sandr | 06.11.2009

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Mais ouiiiiiiiii... Dans moins d'une minute.

Écrit par : Aïn | 06.11.2009

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T'as mis 1mn12 :)

Écrit par : Sandr | 06.11.2009

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