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        <title>Sirocco - lecture_au_jour_le_jour</title>
        <description>Le vent du Sud - Pérégrinations physique et spirituelle d'un homme au gré du vent du sud</description>
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        <lastBuildDate>Sun, 16 Nov 2008 11:00:35 +0100</lastBuildDate>
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                <title>Green, Céline, Dantzig : cherchez l'intrus</title>
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                <author>noreply@ (Aïn)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 22 Oct 2008 11:51:13 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://stalker.hautetfort.com/images/medium_juliengreen.jpg&quot; alt=&quot;medium_juliengreen.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Faut-il vous l’avouer, des livres parus lors de la rentrée littéraire 2008, je n’en ai lu aucun. Nada, zéro, niente… Et même en étant bibliothécaire, je n’ai pas honte de l’avouer. C’est que je me suis fait avoir plusieurs fois par le &lt;em&gt;merchandising&lt;/em&gt;, enfin, le marchandisage comme l'on dit en français, mis en place tous les mois d’août-septembre-octobre autour de cette époque que l’on nous impose comme celle du livre. Et il m’aura fallu en lire ces dernières années, de la mouscaille, pour comprendre qu’il n’était jamais question de littérature lors de cette rentrée, enfin rarement, mais bien de commerce. C’est que je peux être un véritable âne baté par moment. Mais on ne m’y reprendra plus. La preuve. Sur les quelques 700 livres publiés lors de cette rentrée com… euh… littéraire, deux ou trois ont attiré mon attention. Mais, je suis devenu plus malin messieurs-dames ! De ces livres qui me font miroiter monts et merveilles, je ne feuillete absolument pas les pages. J’enveloppe mes mains de gants en plastique et place ses bouquins à l’abri dans de gros pots à confiture stérilisés, et… je laisse vieillir, histoire de voir si ces romans, puisqu’en l’occurrence il s’agit de romans, prennent de belles rides, faisandent de bonne manière. Je vous assure, le temps&amp;nbsp;a un effet miraculeux sur le papier, et les odeurs du pourrissement ne trompe pas. Soit la viande a tourné et devient de fait indigeste, soit elle a délicatement séché et nous propose ses meilleurs arômes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J’en ai fait l’expérience avec un des livres les plus étonnants, paraît-il, de l’année 2005 : &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le dictionnaire égoïste de la littérature française&lt;/span&gt; de Charles Dantzig. Un livre qui parle de littérature, sans doute de manière partial, ne peut que m’intéresser. Et puis, cet essai a obtenu le Prix Décembre 2005. Et ça aussi, obtenir les honneurs de l’anti-goncourt qui avait primé dès ses débuts Dupré, Confiant, Maspero, Hatzfeld… ça ne pouvait que me plaire. Enfin, il y avait ce quatrième de couverture alléchant. Et ç’est la première chose que je lu en sortant ce livre de son bocal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce n’est pas un dictionnaire comme les autres&lt;/em&gt;. Allons bon !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Il est érudit, allègre, partial, drôle, s’intéressant aux êtres en plus des écrits&lt;/em&gt; (ah parce qu’il a connu Corneille le Dantzig ?), &lt;em&gt;brillant, inattendu.&lt;/em&gt; Vu comme ça, on lui offre un prix sans même l’avoir lu à ce livre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Bref, il est à part&lt;/em&gt;. D’où le prix Décembre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;C’est un exemple achevé de gai savoir&lt;/em&gt;. Quoi aussi bon que du Nietzche ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Déjà, je sens que ce dictionnaire va fortement me décevoir. Comme ai-je pu me faire prendre ? Ce qui est sûr, c’est que les filles de la com’ (puisqu'il paraît que seule des filles font de la communication) chez Grasset, elles sont douées et elles n’ont pas froid aux yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant de commencer à vraiment lire cet essai, je m’attarde sur la table des sommaires. Et, que vois-je, un article sur Julien Green. En voici un test probant. Que peut-il bien dire d’un de mes auteurs préférés ? Direction page 359, et sans passer par la case départ. Premier paragraphe puant : &lt;em&gt;Il émane des livres de cet homme un fumet, nous disons-nous, qui nous déplaît. Ce fumet résulte, si l’on peut dire, de la sonorité de ses titres, d’une idée que nous nous faisons de lui…&lt;/em&gt; Plus loin, il nous explique que le &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mont-Cinère&lt;/span&gt; n’aurait pu être intéressant que parce qu’&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Autant en emporte le vent&lt;/span&gt; n’a été écrit que bien après ! Mais encore ? L’article finit bien mieux, puisque Dantzig nous avoue sans honte aucune qu’il n’a pas vraiment lu grand-chose de Green ! Ah !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Légèrement énervé par tant de décontraction pédante à dire n’importe quoi, j’en arrive vite à me poser une question : à quoi sert ce dictionnaire ? A connaître les goûts de Dantzig ? A vrai dire, personnellement, je m’en moque comme de l’an 40. Cependant, je persiste et signe en m’auto-persuadant que le tout forme une esthétique qui ne doit pas être si désagréable. Hélas, il me faudra supporter quelques insipides articles pour en arriver à l'entrée &quot;Céline&quot; et être définitivement déçu par ce succès de l'année 2005 (dont plus personne ne parle aujourd'hui, à part moi). Pérorer sur l'oeuvre d'un des plus grands auteurs français du XXème siècle seulement au travers du prisme de son antisémistisme avéré ou supposé est bien peu original, un peu trop dans l'air du temps, bien-pensant et malsain au final. Céline, antijuif ? Tout comme Nabe donc ! Mais enfin, peut-on oublier que le premier ouvrage publié de Céline, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Semmelweis&lt;/span&gt;, était une éloge du médecin juif du même nom ? Je suis de l'avis d'André Gide, trouvant la violence de Céline bien trop grotesque pour être vrai : exagérer les clichés pour mieux les rendre ridicules.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais passons. Dantzig aurait pu se contenter d'ouvrir un blog pour donner son avis plutôt que de publier une fumisterie aussi piètre que &lt;a href=&quot;http://www.lesirocco.net/archive/2007/03/16/fumisterie-et-apologie-de-la-fumisterie.html&quot;&gt;cet ouvrage de Pierre Bayard&lt;/a&gt;. Mais évidemment, étant lui-même éditeur chez Grasset, on est jamais mieux servi que par soi-même. Plutôt que de lire ce &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Dictionnaire égoïste de la littérature française&lt;/span&gt;, préferez &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Moïra&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le Sud&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;L'ombre&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le revenant&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Léviathan&lt;/span&gt; de Julien Green, ou encore les fabuleux &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mort à crédit&lt;/span&gt; et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/span&gt; de Céline.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Aïn&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Un peu de ton sang</title>
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                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Sun, 24 Aug 2008 10:00:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.futura-sciences.com/uploads/tx_oxcsfutura/img/globules-030407.jpg&quot; alt=&quot;globules-030407.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-layout-grid-align: none; mso-pagination: none;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Une couverture effrayante, un titre terrifiant, un quatrième de couverture alléchant et un &lt;em&gt;inédit&lt;/em&gt; aguicheur apposé au livre, il ne m'en fallait pas plus pour me donner envie de lire &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Un peu de ton sang&lt;/span&gt;. Grâce à son &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://nebalestuncon.over-blog.com/article-16102552.html&quot;&gt;investigation&lt;/a&gt; menée de main de maître, le bon Nebal averti le lecteur sur son blog pas si miteux que ça : &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Un peu de ton sang&lt;/span&gt; et la nouvelle qui suit, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Je répare tout&lt;/span&gt;, ne sont absolument pas inédits. Le procédé n'est certes pas très honnête de la part de l’éditeur, mais j'ai aimé Sturgeon au travers des romans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les plus qu'humains&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Cristal qui songe&lt;/span&gt; et je n'ai pas lu ces deux textes. Même si l'auteur a surtout publié&amp;nbsp; de la science-fiction, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Un peu de ton sang&lt;/span&gt; est un thriller psychologique, original peut-être en 1961, à sa parution, mais pas vraiment aujourd'hui. Néanmoins s'y retrouvent les thématiques chères à l'auteur, qui font la qualité de l'univers sturgeonien, à savoir cet attachement à l'humain, même dans ce qu'il a de plus monstrueux. L'originalité de ce texte réside surtout dans le format expérimental, renouvelant le genre épistolaire, le fond étant beaucoup plus banal : deux psychologues militaires tentent de cerner un certain Georges Smith, soldat au comportement étrange.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-layout-grid-align: none; mso-pagination: none;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Il me faut tout de même vous avertir : la traduction d'Odette Ferry, puisque j'ai pu le vérifier dans la version originale, est très mauvaise. Emploi de faux-amis, concordance des temps biscornue comme dirait Nebal, rythmique complètement délaissée, ponctuation plus qu'aléatoire... bref, c'est pas très beau à voir.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; mso-layout-grid-align: none; mso-pagination: none;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Je répare tout&lt;/span&gt; est une nouvelle digne de La cinquième dimension, ce genre de feuilleton étrange que je me régalais à regarder étant enfant. Hélas, encore une fois, la traduction, de Véronique Dumont cette fois-ci, n’est pas à la hauteur. Tant pis.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right; mso-layout-grid-align: none; mso-pagination: none;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Aïn&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Jeu de Dame</title>
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                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 19:30:06 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ptiloup.typepad.com/ptiloup/images/loup_neige.jpg&quot; alt=&quot;loup_neige.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il faut l'avouer, j'ai lu mes premiers Alina Reyes à quatorze ou quinze ans. Je compulsais frénétiquement &lt;u&gt;La nuit&lt;/u&gt;, &lt;u&gt;Derrière la porte&lt;/u&gt;, &lt;u&gt;Lilith&lt;/u&gt; en même temps que les quelques SAS que je piquais à mon oncle dans sa maison ardéchoise. Evidemment, ces lectures n'évoquaient pour moi aucun intérêt littéraire. Je ne garde donc que très peu de souvenirs des romans de Reyes. Il me semble même que je trouvais ses textes moyens. Manifestement, ma grille de lecture était un peu biaisée. Il aura fallu attendre bien longtemps pour que je ne me décide à lire un autre de ses romans, tant ces derniers sont intimement liés à l’époque de l’âge bête.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le petit livre était là, sur la table de présentation, au milieu d’autres nouveautés, attendant qu’un lecteur daigne l’emprunter. Mais de lecteur, en ce vendredi après-midi, il n’y en avait point. Les provençaux ne sont pas des &lt;em&gt;niaï&lt;/em&gt; (se prononce niaille). Avec la chaleur terrible de cette fin juin, soit ils n’ont pas le choix et ils travaillent, soit ils font la sieste à l’ombre. Quant à moi, seul à la banque de prêt, j’étais pris par la flemme du fonctionnaire. Quitte à remettre mes dossiers pour plus tard, autant en profiter pour lire un bon&amp;nbsp;bouquin. Je me lève et regarde d’un air nonchalant la table de nouveauté. Rien d’extraordinaire dans cet amas de livres, plus litterature de consommation que &lt;em&gt;Litterature&lt;/em&gt;. Seule une couverture retient ma curiosité. Celle, traditionnelle, des éditions Zulma. Il s'agit du dernier rejeton d’Alina Reyes. J’ai vraiment pas de chance. Entre les &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article3997&quot;&gt;dernières polémiques littéraires&lt;/a&gt; et les souvenirs que j’ai de ses romans, &lt;u&gt;La Dameuse&lt;/u&gt; ne me dit pas trop. En même temps, c’est un drôle de titre. Et puis il est court (est-ce le fonctionnaire ou le provençal qui parle ?). &lt;u&gt;La Dameuse&lt;/u&gt;… Un rapport avec le jeu de dames ? Bon, je le reconnais volontiers, ma première réaction quant au titre est ridicule. Mais à ma décharge, je n’ai aucune habitude de la montagne et je ne connais guère le vocabulaire de ce monde à part.&amp;nbsp;Finalement,&amp;nbsp;la symbolique du roman ne me donnera pas tout à fait tort. J’attrape le bouquin, faisant plus confiance en Zulma qu’en Alina. Je m’installe sur mon fauteuil et commence à lire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis littéralement happé par les premières lignes. Il en faut dans le ventre pour mettre autant&amp;nbsp;de densité dans un roman d’une cinquantaine de pages. Et cette densité, puisqu’elle ne se retrouve pas dans l’épaisseur physique doit se retrouver dans le style. L’auteur s’y prend à merveille, et j’avoue que je ne m’attendais pas ça. L’effet de surprise rend la lecture plus palpitante. Mais ça se gâte vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Marie-Rosella, sauvageonne de dix-sept ans, remonte dans sa station enneigée avec son père, Nardone (le véritable nom de famille d’Alina Reyes). A l’arrière d’une motoneige, la demoiselle, émue par la nature environnante et la vibration de l’engin entre ses jambes est prête à jouir. Arrivée à destination, toute excitée, elle n’aide même pas le père à rentrer les courses. Elle se dirige tout droit chez son amoureux, Baptiste, jeune aventurier solide vivant dans sa yourte. Au passage, elle caresse un des chiens husky du voyageur, son préféré. Les allégories sexuelles fusent, à la limite du kitsch. Rentrant rejoindre son homme, elle suce le Baptiste et le laisse jouir dans sa bouche. Buvant un café, elle pense à tous ces petits spermatozoïdes qui, dans son ventre, apprennent à nager dans le liquide noir. Il fait froid dehors et Marie-Rosella n’est pas rassasiée. Ils font l’amour parce que c’est bon, et en oublient le préservatif. Bah, c’est pas grave. Après avoir consommé l’acte, elle s’en retourne auprès de son père tenir le café. L’ange gardien de Marie-Rosella, Marto, est présent. C’est lui qui s’occupe de la dameuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusque là, je suis à la fois agréablement surpris par l’âme qui habite ce texte, et déçu par les situations érotiques que je trouve grotesque, un peu trop idyllique. Mais la qualité d'écriture emprunt de vigueur et d'intensité symbolique m'engage à continuer la lecture. Et puis, je fais toujours confiance à Zulma.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la discussion avec les habitués surgit une faille, un trouble. Gilles, titi parisien, descendu récemment de sa capitale avec une équipe télé, revient dans les parages. Marie-Rosella se rappelle de cet homme qui lui avait promis monts et merveilles, amour et tendresse. Elle se rappelle de ce séducteur qui, curieusement, ne voulait pas lui faire l'amour. Une fois remonté dans sa capitale, Gilles coupa les ponts, oubliant ce qui ne devait être pour lui qu'une midinette. Elle a beau se dire qu'elle s'en moque, ça lui fiche un coup de savoir qu'elle va peut-être le croiser. Qu'importe. C'est Noël et, dans la crèche vivante de la paroisse, elle est Marie. Alors qu'elle se dirige vers l'Eglise, le Gilles la détourne de son chemin, l'attrappe dans la forêt et embrasse son cameraman alors que ce dernier la viole. Laissée seule, il ne lui faut pas longtemps pour retrouver ses esprits. Elle repart pour l'Eglise, trempée et ensanglantée, et joue son rôle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Salie, Marie-Rosella se vengera. Comment ? Je vous ne le dirais pas, j'en ai déjà fait beaucoup trop. Mais tel le plus fort atout dans le jeu, elle damera le pion au mal, comme si c'était un simple obstacle. Un enfant naîtra de l'union non protégée avec Baptiste ou du viol. Le mystère demeure. Elle appellera son fils Jean-Loup. Jean parce que Baptiste, Loup, parce que le mal peut-être, la forêt sans doute,&amp;nbsp;à&amp;nbsp;moins que Loup ne soit cette sauvage de mère : &lt;em&gt;Cet enfant en moi était la vie qui me forçait à vivre, Le père de cet enfant, c’était moi, et sa mère, la neige.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La dameuse est un hymne tout ensemble à la vie, à la femme, à la nature au mysticisme même. Gilles ne tient pas sa parole alors que Marie donne naissance au Verbe. Et du verbe, dans ce roman il y en a. Ayant été ébloui il y a peu par &lt;em&gt;Théorie et jeu du Duende&lt;/em&gt; de Federico Garcia Lorca, je ne cesse de ramener tout ce que je trouve bon à ce texte. Néanmoins, il y a de ce duende dans le dernier roman d'Alina Reyes, de cette vie, de ce sang qui émerge de la douleur, de cette possibilité de la mort :&lt;em&gt;Autrement dit, ce n’est pas une question de faculté, mais de véritable style vivant ; c’est à dire le sang ; c’est-à-dire de culture antique, de création en acte.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;u&gt;&lt;strong&gt;Aïn&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Sacoche</title>
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                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Thu, 19 Jun 2008 22:44:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.ac-versailles.fr/etabliss/clg-camus-bois-colombes/Developpement%20durable/page3/imagesP3/tornade.jpg&quot; alt=&quot;tornade.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Une sacoche mystérieuse serait le point de convergence, le trou noir, l’aporie, le MacGuffin d’un monde finement ciselé par Bahiyyih Nakhjavani, auteur iranienne d’expression anglaise. Un monde où la sensualité d’une jeune vierge zoroastrienne côtoierait l’animisme mystique d’un voleur solitaire, la raideur feinte d'un religieux inquisiteur, l’obséquiosité d’un eunuque indien, la dévotion nihiliste d’un mystique, un espion de sa majesté déguisé en derviche, la puanteur d’un mort enfermé dans son cercueil…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout, neuf destinées intenses dont nous rend compte l’auteur, chaque personnage vivant pour ce seul moment où cette sacoche se révelera en plein Hejjaz, près d'un sanctuaire dédié à la mère du Prophète Mohammed. Neuf vies totalement différentes, véritable mosaïque humaine, feront l'expérience du secret.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;u&gt;La sacoche&lt;/u&gt; de Bahiyyih Nakhjavani, épopée orientale aussi étrange et ubuesque que le &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lesirocco.net/archive/2008/04/14/le-codex-du-sinai.html&quot;&gt;Codex du Sinaï&lt;/a&gt;, vaut surtout par son écriture aussi poétique que le &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lesirocco.net/tag/Palestine&quot;&gt;Palestine&lt;/a&gt; d'Hubert Haddad. La solide connaissance de l'auteur en matière de religion et sa capacité&amp;nbsp;à donner de l'épaisseur à sa narration nous éloigne des mièvreries de Coelho.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le procédé est simple donc : nous accompagnons, à chaque chapitre, l'histoire d'un personnage dont le cheminement s'incurve jusqu'à sa rencontre avec cette mystérieuse sacoche. En découle une prédestination mystique toute orientale. Les passages et les visions se répondent en écho, à chaque fois d'un point de vue différent. Le bruit provenant de ce kinétoscope symbolique viole le silence du désert, de la lecture, comme un sirocco.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Aïn&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Morts-nés</title>
                <link>http://www.lesirocco.net/archive/2008/05/10/morts-nes.html</link>
                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Sat, 10 May 2008 17:46:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://medias.fluctuat.net/livres/30/2954-medium.jpg&quot; alt=&quot;2954-medium.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; Je veux bien croire que les idées développées dans tel ou tel roman soient novatrices et dignes d’intérêt, cependant je ne puis désormais souffrir qu’un bouquin délaisse autant la forme. Après &lt;a href=&quot;http://www.lesirocco.net/archive/2007/12/13/resurrection.html&quot;&gt;avoir repris la lecture de&amp;nbsp;&lt;u&gt;Babylon Babies&lt;/u&gt;&lt;/a&gt; là où je l’avais laissée, il m'aura&amp;nbsp;fallu finalement&amp;nbsp;capituler devant une écriture aussi laborieuse. Le style même rend bien terne l’originalité dont fait (peut-être) preuve Dantec, cette même originalité qui aura séduit tant de lecteurs. Tant pis. Il est tout de même bien triste qu’un auteur s’évertuant à s’inscrire dans la lignée &lt;em&gt;logocratique&lt;/em&gt; des Bloy, Boutang, Abellio, Maistre et tutti quanti ne prennent pas la peine de soigner son style.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;Puis il avait retenu un cri alors qu'un rameau de piqûres d'épingle s'était vicieusement concentré autour de son anus déclenchant un anneau de douleur-plaisir dur et concret comme une bague d'acier cerclant le tube chaud d'une grosse bite de footballeur.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il ne s'agit pas, avec cet extrait, de montrer une photo d'un singe lorsqu'il grimace. Tout au long du roman, une redondance de métaphores, comparaisons et autres figures de style tapent souvent à côté, ce qui a tendance à alourdir considérablement le texte.&amp;nbsp;On retrouve, et c’est typique chez Dantec dans ses trois premiers romans, quelques fulgurances stylistiques d’une incroyable beauté, il faut le dire pour être tout à fait sincère. Mais ces perles rares ne suffisent pas. BB est, à mes yeux, très moyens.&lt;br /&gt; Je suis sévère ? Non, qui aime bien châtie bien. A trop vouloir étreindre, Dantec embrasse mal. Il gagnerait à dépouiller son écriture, ce qui lui permettrait de mieux insérer ses spéculations philosophiques dans la trame romanesque. Y est-il arrivé avec &lt;u&gt;Villa Vortex&lt;/u&gt; ? Je verrais bien. 
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                <title>Le codex du Sinaï</title>
                <link>http://www.lesirocco.net/archive/2008/04/14/le-codex-du-sinai.html</link>
                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Mon, 14 Apr 2008 16:59:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;img src=&quot;http://www.guysen.com/photos/300_codex_alep.jpg&quot; alt=&quot;300_codex_alep.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/u&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;Le codex d’Alep, 929 ap. J. - C., &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Israel Museum&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;u&gt;Le codex du Sinaï&lt;/u&gt;, première partie de la tétralogie &lt;u&gt;Le quatuor de Jerusalem&lt;/u&gt;, gagnerait à être plus&amp;nbsp;connue. Enfin, c'est surtout les lecteurs qui y gagneraient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'auteur, Edward Whittemore, fut un agent de la CIA avant d’avoir&amp;nbsp;commencé à écrire. Ou bien&amp;nbsp;en même temps.&amp;nbsp;A vrai-dire on sait peu de choses de l’homme. Mais en tant qu'ex-Marines, c’est peu dire s’il connaissait la géopolitique, notamment les conflits qui agitent le Moyen-Orient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hélas, il quitta ce monde beaucoup trop tôt, en 1993, et&amp;nbsp;ses quelques ouvrages, à savoir sa tétralogie parut récemment chez R. Laffont, et &lt;u&gt;Quin’s Shangaï circus&lt;/u&gt;, jamais traduit en français, n’ont pas rencontré un grand succès. C’est que &lt;u&gt;Le quatuor…&lt;/u&gt; est difficilement classable, et s’il s’adressait à un public jeunesse, nous pourrions le définir come un conte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans son introduction, Gérard Klein le situe dans une suite de textes tout aussi inclassable&amp;nbsp;: l’&lt;u&gt;Histoire véridique&lt;/u&gt; de Lucien de Samosate, les &lt;u&gt;Cinq livres&lt;/u&gt; de Rabelais, &lt;u&gt;La tempête&lt;/u&gt; de Shakespeare, &lt;u&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/u&gt; de Carroll, &lt;u&gt;Fictions&lt;/u&gt; de Borges, &lt;u&gt;V&lt;/u&gt; de Pynchon… Sur ce point là, je suis totalement d’accord. Je rajouterai même dans cette liste le &lt;u&gt;Don Quichotte&lt;/u&gt; de Cervantès, Les &lt;u&gt;aventures du Baron de Munchausen&lt;/u&gt; par Raspe, &lt;u&gt;Le vicomte pourfendu&lt;/u&gt; de Calvino ou encore le &lt;u&gt;Tartarin de Tarascon&lt;/u&gt; de Daudet. Là où, me semble-t'il,&amp;nbsp;Klein se trompe, c’est en voulant classer la tétralogie dans le genre de l’uchronie. Encore faudrait-il que je lise les quatre tomes pour assurer cela. Mais qu’importe les catégories. Il s’agit de ma part d’une déformation professionnelle. Ce qui compte, c’est &lt;u&gt;Le codex du Sinaï&lt;/u&gt;, livre bien trop difficile à raconter, tant les personnages nombreux, plus ubuesques et incroyables les uns que les autres, se rencontrent, se perdent et se croisent à nouveau. Cependant, il ne me faut point vous effrayer, les qualités d’écriture de Whittemore, aussi flagrantes que celles des auteurs cités précédemment, transforment cette histoire complexe et echevelée en ballade dans le temps et les lieux. On suit tour à tour un lord anglais du 19ème siècle mesurant deux mètres trente, un albanais rendu fou par sa découverte de la Bible originale, un jeune irlandais&amp;nbsp;luttant pour&amp;nbsp;sa patrie et&amp;nbsp;devenanttrafiqaunt d'armes à Jérusalem, un mystérieux arabe âgé&amp;nbsp;de trois mille ans…&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A&amp;nbsp;la fin du livre se trouve une&amp;nbsp;chronologie de l’histoire, avec dates de naissance et grandes lignes, rappelant au lecteur&amp;nbsp;passage drôle ou émouvant. C’est que derrière le burlesque se cache une tristesse profonde. Sans doute, l’auteur était-il tombé amoureux de cette partie trouble du monde, jusqu’à faire de Jerusalem le personnage principal&amp;nbsp;de son œuvre. Le moment le plus&amp;nbsp;touchant est celui où nous est narré le génocide des arméniens et où Whittemore nous convainc de&amp;nbsp;l’hypocrisie des grandes nations de ce monde.&amp;nbsp;L'ex-agent de la CIA&amp;nbsp;a du&amp;nbsp;avoir les mêmes idéaux que Stern, un des protagonistes du roman, à savoir le désir d’une nation unifiant les habitants immémoriaux de Jérusalem, malgré leurs différentes religions. Peine perdue, dans sa mystification littéraire, il tente justement&amp;nbsp;de démystifier la Bible, le livre fondateur des trois religions, en nous expliquant que ce fameux Codex fut écrit&amp;nbsp;par&amp;nbsp;un aveugle et un idiot, désacralisant ainsi les raisons de tensions absurdes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il paraîtrait que le jeune irlandais, avant&amp;nbsp;de partir en Amérique pour devenir un medecine-man chez les indiens,&amp;nbsp;a&amp;nbsp;perdu Jerusalem au poker. C'est ce que le second tome est censé nous raconter. &amp;nbsp;J'ai hâte de lire ça. Quant à vous, ne vous fiez pas à l'horrible couverture du roman signé Paternoster. Cet illustrateur sévit dans la collection Ailleurs &amp;amp; Demain, et participe&amp;nbsp;aux faibles ventes des livres qu'il gratifie de ses gribouillages. &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;u&gt;Aïn&lt;/u&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Partir</title>
                <link>http://www.lesirocco.net/archive/2008/04/07/partir.html</link>
                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Mon, 07 Apr 2008 19:01:10 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesirocco.net/media/00/00/839187155.JPG&quot; alt=&quot;839187155.JPG&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-946447&quot; name=&quot;media-946447&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#993300&quot;&gt;Roadtrip&amp;nbsp;/ Algérie par Magflag - 2007&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#993300&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Il fallait gagner sa place, travailler, étudier, mériter ses galons. Toujours poussé par des nécessités bouffonnes dans le flot de la foule, sans cesse aller, cavaler, vite, plus vite. La société tout entière accélère encore cette galopade insensée. Dans notre folie de bruit et d'urgence, qui trouve encore le temps de descendre de sa machine pour saluer l'étranger ? J'ai faim, dans cette troisième vie, de lenteurs et de silences. De m'arrêter pour un regard border de khôl, un mollet de femme qui se dévoile, une plaine brumeuse noyée de songes. Pour manger un bout de pain et de fromage, le cul dans l'herbe, le nez au vent.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Extrait de &lt;u&gt;Longue Marche&lt;/u&gt; par Bernard Ollivier, T.1 : &lt;u&gt;Traverser l'Anatolie&lt;/u&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Aïn&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://www.lesirocco.net/archive/2008/03/22/absent-du-monde.html</guid>
                <title>Absent du monde</title>
                <link>http://www.lesirocco.net/archive/2008/03/22/absent-du-monde.html</link>
                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Sun, 23 Mar 2008 00:10:00 +0100</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.modspil.dk/images/botero-4-new.jpg&quot; alt=&quot;botero-4-new.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;em&gt;&amp;nbsp; la jeune femme sergent qui me baptise d'un jet d'urine est la victime expiatoire du mensonge d'une théocratie dévoyée&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; ses aïeux ont résisté au pouvoir blanc, pour finir hélas, après trop de massacres, par s'accommoder des réserves que ce pouvoir leur assignait, comme se sont pliés à la servitude les ancêtres de Jim, une servitude ornée aujourd'hui des dorures en contreplaqué d'une égalité factice&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; et cette égalité, comble de l'illusion, prépare le lit de la terreur et se prête aux convenances des puissants énervés qui s'entourent des vigiles et des remparts, de caméras et de policiersnoirs complaisants comme des filles soumises&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; et toi, jeune Indienne aux grands yeux, de quel proxénète légal es-tu devenue la putain, et toi, Jim, à quel marchand d'esclaves as-tu vendu ton âme afin de te désonhorer dans le douteux emploi de garde-chiourme&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; et vous tous, qui nous tenez à votre merci, de quelle école de droit frelaté, de quels enseignements de l'imposture avez-vous reçu vos diplômes, vos médailles, vos grades&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;[...]&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; malgré votre colère qui est celle des imbéciles et prétend régner sur le monde, je construis au coeur de votre chaos ma demeure sereine&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;extrait de &lt;u&gt;Absent de Bagdad&lt;/u&gt; par Jean-Claude Pirotte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui a lu &lt;u&gt;Cette aveuglante absence de lumière&lt;/u&gt; par Tahar ben Jelloun sait la terreur d'être enfermé dans une geôle et torturé pour raisons politiques, l'indicible horreur d'un bagne, mouroir où se retrouvent internés les opposants au régime monarchique d'Hassan II. Dans son roman, l'auteur marocain ne ne nous épargne rien de la noirceur d'un tel lieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec &lt;u&gt;Absent de Bagdad&lt;/u&gt;, de Jean-Claude Pirotte, il n'en va pas de même. Müslüm, le narrateur, est certes emprisonné dans un cachot, dans une &lt;em&gt;cave&lt;/em&gt; même, mais de&amp;nbsp;ce prisonnier&amp;nbsp;confiné dans de virtuelles ténèbres, puisque fabriquées par la main de l'homme,&amp;nbsp;se dégage le rayonnement de l'illumination, du sceau même de la sainteté. Plutôt que de s'accrocher et de revenir à ce monde qui était le sien, il décide de s'en détacher.&amp;nbsp; Ce que l'on appelle le &lt;em&gt;fana&lt;/em&gt; dans le soufisme, où l'anéantissement de sa personne dans l'Universel, travail de longue haleine qui se concrétise périodiquement lors des transes mystiques, appelés &lt;em&gt;hadra&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;em&gt;je dois avoir perdu connaissance à un moment, je veux dire que j'ai fait un effort pour perdre connaissance, ce n'est pas la douleur qui me rendait inconscient, mais la lucidité&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; c'est un état tellement aigu, tellement inconcevable de lucidité que seuls y résistent les saints ou les prophètes et martyrs qui en ont une perception exacte et minutieuse, une vision qui dit-on les transfigure&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; et c'est alors le ciel véritablement qui les pénètre, et moi, soudain, je voyais le ciel s'éclairer au coeur de ce médiocre enfer où j'étais plongé, c'est ainsi que je peux parler de ma lucidité sans prétendre me comparer aux martyrs qui rayonnent d'une foi, d'une certitude autrement prodigieuses que les miennes&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; mais au plus noir de cette détresse animale à laquelle je me trouvais réduit, une espèce de lumière humaine ou divine insistait avec une douceur tellement inattendue au fond de mon regard aveuglé&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; il y avait donc l'insistance de ce fragile et tenace filet de lumière comme le rappel ou la promesse d'une vie meilleure à laquelle j'avoue que je n'avais jamais cru sinon dans une enfance lointaine où circulaient des légendes, les nuits d'été, sous les étoiles, quand les bergers veillaient sur le grand silence du plateau&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour atteindre l'état extatique et prétendre au &lt;em&gt;fana&lt;/em&gt;, renoncement et dépouillement sont de mise. C'est ce que suggère l'écriture de Pirotte, qui, en omettant ponctuations et majuscules, évoque ce même appauvrissement nécessaire à Müslüm, le renforçant. Une forme de &lt;em&gt;désindividualisation&lt;/em&gt;, d’effacement de la &lt;em&gt;nafs&lt;/em&gt;, l’ego, combat frénétique ultime, le &lt;em&gt;Djihad El Kebir&lt;/em&gt;. Plus qu’une distance ou un éloignement&amp;nbsp;: une absence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant à l’horreur, elle est bien présente. L’auteur l’incarne de manière elliptique, bien plus cinglante&amp;nbsp;que celle du roman de Ben Jelloun cité plus haut. Cependant, cette horreur ne cause aucune peur, aucune effroi, aucune oppression. Elle est monstrueuse, hideuse, grossière et ridicule parce que vaine et d'autant plus inutile que le lecteur&amp;nbsp;se rend compte&amp;nbsp;sans doute, dès le début, que le narrateur est sauvé, qu'il&amp;nbsp;a trouvé la voie. Peut-être même, pourrait-il se dire, que ce mal était nécessaire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pouvons-nous discerner dans ce roman une quelconque inclination politique, comme laisserait le suggéer les premiers extraits qui introduisent cette note&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne sait si Müslüm se trouve dans les fameuses prisons d’Abu Ghraïb, même si elles y ressemblent fortement. C’est bien la découverte par le monde de cette abjecte épisode qui rend la guerre menée par les américains invalidée, inadmissible. Voici que des soi-disant sauveurs venant libérer un peuple du joug d’un dictateur féroce commet l’abjection même qui la place à pied d’égalité auprès de ces mêmes terroristes qu’ils sont censés combattre. Et c’est bien cela qui sous-tend en partie &lt;u&gt;Absent de Bagdad&lt;/u&gt;. Pirotte dénonce donc l’invraisemblance de cette guerre menée par un peuple qui s’est littéralement perdu et qui a même oublié son enfance, sa genèse. L’auteur constate la schizophrénie et la rend manifeste à travers les yeux de cette femme sergent d’origine indienne, et Jim, le soldat noir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Néanmoins, &lt;u&gt;Absent de Bagdad&lt;/u&gt; n’est pas farouchement anti-américain, puisqu’il dénonce aussi l’Islam radical et ses errements, l’Islam séculaire, ses à-peu-près et son rapport étriqué au monde. Encore faut-il le répéter, à travers l’expérience de Müslüm, Jean-Claude Pirotte nous invite à dépasser ces stades politiques, idéologiques,&amp;nbsp;et à observer l’horreur désincarnée du monde (la vraie peur, celle qui aurait de la chair, serait sans doute, l’auteur le suggère, celle ressentie envers Dieu).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque mot est utile, chaque paragraphe est le condensé d’une réflexion longuement réfléchie et aboutie. Aussi bien au niveau poétique, que dans la force du sens, je retrouve un roman aussi puissant que le &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lesirocco.net/archive/2007/10/20/palestine-par-hubert-haddad.html&quot;&gt;Palestine&lt;/a&gt; d’Hubert Haddad. &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Aïn&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Le bal des vipères</title>
                <link>http://www.lesirocco.net/archive/2008/03/20/le-bal-des-viperes.html</link>
                <author>noreply@ (Aïn)</author>
                                                <category>lecture au jour le jour</category>
                                                <pubDate>Thu, 20 Mar 2008 17:14:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.civilization.ca/civil/maya/images/mmsrp01b.gif&quot; alt=&quot;mmsrp01b.gif&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Halluciné&lt;/em&gt; est le terme qui revient le plus dans la bouche des lecteurs pour qualifier le roman d'Horacio Castellanos Moya : &lt;u&gt;Le bal des vipères&lt;/u&gt;. L'auteur salvadorien a avoué dans une interview qu'une nuit de rêve tourmenté l'avait inspiré pour écrire ce texte d'un jet : &lt;em&gt;Un soir, après avoir fait un cauchemar révélateur, je suis descendu en courant dans mon bureau et je me suis mis à écrire fébrilement, possédé par une voix qui me dictait l’histoire, et qui n’a cessé de me la dicter que trois semaines plus tard. Le Bal des vipères a donc été mon expérience d’écriture la plus intense: pas de plan, pas de schéma, juste une voix qui me soufflait des mots.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Pour autant, ce roman édité par l'excellente maison des Allusifs, n'est pas seulement la narration déstructurée d'une ballade ophidienne, mi-fantastique, mi-policière, comme nous l’annonce le quatrième de couverture et les quelques résumés bêtes et disciplinés qui se baladent sur la toile. Il faut aller au-delà d’un récit mené tambour battant, histoire aussi poisseuse qu’un cauchemar obsédant.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Au-delà du miroir&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La référence au roman de Caroll Lewis, &lt;u&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/u&gt;, n’est pas innocente. La célèbre jeune fille s’ennuyait avant de se décider à suivre le lapin blanc aux yeux roses vêtus d’une redingote. Il en va de même pour Eduardo Sosa, jeune chômeur, sociologue de formation et parasite vivant chez sa sœur et son beau-frère dans un quartier d’une grande ville latino américaine dont on ne sait pas grand-chose. Roi sans divertissement, il passe son temps à lire les journaux et à observer le voisinage. Le lapin qui le sortira de son ennui est Jacinto Bustillo, un drôle de bonhomme vivant dans une chevrolet jaune imperméable au regard d’autrui. Les rumeurs à son propos vont bon train. Un soir, Eduardo décide de suivre le vieillard, et quelques gorgées d’alcool plus tard, le voici qu’il égorge Jacinto, prend mystérieusement son apparence et son identité. En pénétrant dans la fameuse chevrolet, Eduardo y rencontre de surprenantes co-locatrices, Loli, Beti, Valentina et Carmela, quatre vipères belles et sensuelles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Schizophrénie et violence&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Horacio Castellanos Moya connaît la violence urbaine, étant originaire du Salvador, pays justement considéré comme le plus violent au monde (114 homicides pour 10 000 habitants !). Il la connaît d’autant mieux qu’il en discerne les rouages et qu’il les a exposé auparavant dans &lt;u&gt;Le dégoût&lt;/u&gt;, publié en 1997. A la suite de la parution de ce roman, l’auteur reçu des menaces de mort et du s’exiler au Costa Rica et aux U.S.A, plus exactement à Pittsburgh, dans une de ces &lt;em&gt;city of asylum&lt;/em&gt;, villes-refuges crées par Russel Banks.&lt;br /&gt; Cette fois-ci, dans &lt;u&gt;Le Bal des Vipères&lt;/u&gt;, plutôt que de s’en prendre nommément au Salvador, l’auteur exilé entreprend de serrer seulement les causes de ces terribles agitations contemporaines, schèmes transposables dans la majorité des grandes villes.&lt;br /&gt; Eduardo et ses vipères décident de savoir quelles sont les raisons de la marginalisation de Jacinto Bustillo. Tout au long de cette quête, à chaque arrêt, dans une galerie marchande, chez l’ex-femme de Jacinto, au milieu de trafiquants de drogue et de ripoux, dans le palace d’un people, jusqu’à faire exploser une station essence, ils sèment la mort et provoquent le chaos. Il faut bien sûr y voir la stigmatisation du monde moderne et consumériste. Marchandisation de la sexualité, dont les vipères sont évidemment les symboles freudiens, jusqu’à reprendre ce qui apparaissait dans le &lt;u&gt;Sanctuaire&lt;/u&gt; de Faulkner périodiquement, à savoir des jeunes filles à l’allure identique, blondeur juvénile, billes noires à la place des yeux et mollets appétissants générant chez les personnages masculins des envies interdites, répétitives, comme autant de rêves de transgressions sauvages que la modernité des idées et des civilisations n’a pas réussi à éteindre. Constat d’échec donc et volonté d’affirmer l’impossibilité des nations contemporaines, à partir du modèle qu’elles ont choisi, d’éradiquer le mal. Trois personnages évoquent cet échec. Le sociologue qui ne réussit pas à comprendre les rouages du mal, le commissaire, seul représentant intègre d'une corporation trop liée à la politique et à l'argent de la drogue et la journaliste, incapable d'être objective et emportée par le mouvement du scoop et du fait fivers, en un mot, du maljournalisme.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;u&gt;Aïn&lt;/u&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Echappée belle</title>
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                <author>noreply@ (Aïn)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 21 Feb 2008 17:17:23 +0100</pubDate>
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                    &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lesirocco.net/media/02/01/7854b2b0dca905093cd0c94a8a3957bf.jpg&quot; alt=&quot;7854b2b0dca905093cd0c94a8a3957bf.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; title=&quot;Kailash&quot; id=&quot;media-859932&quot; name=&quot;media-859932&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;J'ai une réelle affection pour le voyage entrepris par Dominique Vérot et Damien Mignot. Leur périple, ils le racontent dans &lt;u&gt;Echappée belle&lt;/u&gt;, paru chez Glénat en 2000. Certes ce récit de voyage n'a pas la même intensité littéraire que ceux de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lesirocco.net/archive/2008/02/08/mon-usage-du-monde.html&quot;&gt;Nicolas Bouvier&lt;/a&gt;, mais il raconte avec une sincérité touchante une aventure de treize mois autour du monde. L'histoire d'un jeune couple de presque trente ans qui, après avoir réussi leur vie sociale, se lance un défi après une journée banale pour un citadin : boulot - ciné - resto.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est de cela que je me sens proche, ce besoin urgent d'exposer une apparente réussite sociale et somme toute casanière à la réalité d'un voyage qui sera sans doute formateur. Avoir vingt et quelques années et rester tous les jours enfermés dans ma petite bibliothèque en attendant les vacances n'est plus envisageable. C'est être prétentieux que de dire cela, sans doute. Je vous l'accorde. Je ne suis peut-être qu'un homme qui ne connaît pas sa chance, mais que faire quand on a le sentiment que &lt;em&gt;la Vérité&lt;/em&gt; est ailleurs. Mieux vaut aller vérifier, et revenir alors quand il sera encore temps. Ces questions, Dominique Vérot et Damien Mignot se les sont posés. Et prononçant, à la face de leur monde intime, leur départ, ils brisent de même un cycle infernal, celui du monde des impossibles. Et de quelle manière !&amp;nbsp;Alors qu'ils avaient prévu de partir vers l'Orient par terre, ils se retrouvent faisant le chemin inverse, traversant l'Atlantique par convoyage. Dans mon esprit, et même si je sais qu'une amie d'amie a fait ainsi, ce mode de transport me semblait drôlement inconcevable. Comme quoi la normalité fixe tellement de barrières ! Que j'envie ces moments de solitude face à la mer calme, et ces temps de solidarité face à l'océan en colère. Que je convoite les longues périodes de silence lors des marches qu'ils partagèrent dans les contrées du Tibet et du nord de l'Inde jusqu'au Kailash, la sainte montagne interdite. Quel courage de se séparer quelques mois pour vivre chacun son aventure et aller au bout de soi-même, seul. Damien trouvant sa spiritualité dans les temples bouddhistes, et Dominique affirmant sa féminité dans les steppes arides des pays d' Asie centrale. Juste une odyssée authentique narrée avec des mots d'une simplicité attendrissante. A lire leur retour au pays, le &lt;em&gt;je&lt;/em&gt; d'aujourd'hui ne ressortira pas indemne et je sais déjà qu'il me sera difficile de reprendre la même vie. J'aurai tout le temps d'y penser, quand j'aurai appris à apprivoiser le temps.&lt;/p&gt;
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